31 mai 2008

Interview de Marie-Claude Orosquette

Photographe depuis l’âge de 10 ans, Marie Claude Orosquette est passionnée par les grands espaces comme l’Afrique, et en particulier par ce qu’offre Dame Nature. Sa prédilection, les oiseaux migrants ou endémiques.

Alors Marie-Claude, Quand et comment avez-vous débuté en photographie ?Drongo brillant
La photo a toujours été une passion pour moi depuis mon plus jeune âge, le jour où mon père me fit pour cadeau un Rolleiflex. J’ai donc fait mes premières armes avec mon père en passant de longues soirées d’hiver à développer mes photos dans un petit labo maison. Puis s’en est suivi mon premier reflex argentique que je trimballais partout dès mes premiers voyages. Et enfin, à l’arrivée du numérique, j’ai dit adieu aux pellicules.

Qu’est ce qui vous a poussé à photographier la nature et la faune ?
La nature et la faune ont toujours suscité chez moi curiosité et émerveillement. Tout petite je passais déjà mes weekends et mes vacances armées d’un compte-fil à regarder les colonies de fourmis, les cétoines, les étamines d’une fleur, je crois que la nature en règle générale a aiguisé mes sens. En grandissant s’est mêlé l’envie de voyager et un coup de foudre pour l’Afrique, sa faune, ses lumières incroyables, la beauté des grands espaces. Mes études en biologie m’ont particulièrement sensibilisé à la biodiversité, à ces écosystèmes précaires qui ne tiendront qu’avec une large mobilisation de l’homme pour les conserver, tout naturellement j’ai voulu transmettre cette beauté dont je suis témoin au travers de mes photos.

Quelles matérielles photos utilisez-vous et comment l’avez-vous choisi ?
Martin a tete brune Ayant débuté en numérique avec la marque Canon j’y suis resté fidèle. Je travaille avec 3 boitiers l’EOS 1 DS, l’EOS 1D Mark II n et l’EOS 1D Mark III. Pour les objectifs j’ai fais le choix de focales fixe qui correspondent parfaitement à mes besoins même si parfois je peste un peu quand je suis trop « court » ou trop « long » j’ai donc un 300mm f/2,8, un 600 mm EF 1:4 couplés parfois avec un multiplicateur 1,4. Ces choix ont été motivés afin de déranger au minimum la faune en particulier les oiseaux qui sont ma marotte. Sinon j’utilise également un 150 mm 2,8 pour la macro et un 28-105 mm.

Utilisez-vous un logiciel de retouche ou de traitement si oui lequel et pourquoi ?
Le seul logiciel que j’utilise est Photoshop CS2 pour dérawtiser mes photos et pour ajuster mes courbes au mieux et éventuellement effectuer un léger recadrage, donc je dois connaître que 5% de son utilisation… Le principal doit être fait en amont, au moment de la prise de vue.

Comment avez-vous appris les bases de la photographie, êtes-vous autodidactes ou avez-vous suivi une formation ?pelican
Je suis autodidacte et n’ai jamais suivi de formation, par contre j’ai passé beaucoup de temps à lire des ouvrages et à participer à des sites de critique photos pour exercer mon œil, le reste c’est principalement un apprentissage sur le terrain, tester, oser, faire et refaire et toujours se remettre en question, rester en réglage manuel avec ce fameux trio : vitesse, lumière et ouverture : en tout cas, c’est ce qui m’a fait progresser. Acquérir ces automatismes pour pouvoir s’en dégager totalement au moment de la prise de vue et n’avoir plus qu’à penser au cadrage et à transmettre la sensibilité d’une action, d’une attitude ou d’une composition.

Quel conseil donneriez-vous aux débutants dans ce domaine ?
Ne jamais se décourager, car il faut une bonne dose de patience, la nature ne se livre pas aussi facilement que cela, se fondre au maximum dans cette nature et beaucoup de travail. Je pense que dans ce domaine tout le monde peut prendre des photos à son niveau à partir du moment où le photographe est respectueux de son environnement et passionné par les miracles de dame Nature.

Utilisez-vous des techniques particulières, lors de vos parcours photo ?
heron cendre Les deux techniques en photos animalières sont la billebaude ou l’affût. En Afrique ces deux techniques se retrouvent également, mais avec les contraintes liées à la faune sauvage. La billebaude se fera en véhicule, car peu d’endroits sont autorisés à pied ce qui rajoute une contrainte celle des prises de vues en plongée que l’on ne peut corriger qu’avec des focales assez grandes et l’affût qui se pratique dans les hides, mais il m’arrive souvent d’être en affût dans mon véhicule.

Faut-il utiliser des méthodes particulières pour photographier un oiseau ou un lion ?
Avant tout la première condition est liée à la lumière africaine, il est impensable de faire une bonne photo après 10h30 et avantInterview de Marie Claude Orosquette 15h00, la lumière devenant bien trop dure. Pour le lion comme pour un oiseau, il faut savoir respecter une distance suffisante pour ne pas les déranger ou par sécurité pour le lion par exemple. Il faut aussi avoir une bonne connaissance des espèces, de leurs mœurs, de leurs comportements, de leurs biotopes. C’est encore plus indispensable pour les oiseaux afin de trouver le meilleur poste possible en fonction de leurs habitudes, du type de nourriture, du type de perchoir dans quel biotope, est-ce un mal une femelle ? Est-il en plumage inter nuptial, plumage juvénile ?…

Que souhaitez-vous apporter ou quelles émotions souhaitez-vous faire transparaître ?
Martin pecheur J’ai conscience d’être un témoin privilégié de cette beauté de plus en plus menacée, de plus en plus restreinte, la majorité des espèces africaines que je prends en photos sont inscrites sur la liste du CITES en annexe I, II ou III ainsi que sur la liste rouge de l’IUCN. En tant que témoin je me dois de transmettre au public le plus large possible cette beauté éphémère afin à mon humble niveau d’éveiller les consciences sur la nécessité urgente qu’à l’homme de conserver au mieux ce patrimoine vivant. J’y participe aussi activement auprès de l’AWF (African Wildlife Foundation).Pour ce qui est des émotions, j’espère transmettre à travers mes photos cette sensibilité de ces instants magiques de cette beauté à l’état pur que nous offre dame Nature.

Quels sont les moments les plus intenses lors de telle séance photo ?
J’allais dire tous les instants d’une séance photo animalière sont intense que ce soit la préparation, l’attente, l’observation du sujet pour appréhender au mieux le meilleur instant pour déclencher, et comme tout photographe je pense, à ce moment ou l’on a l’intime conviction d’avoir fait une bonne photo c’est un instant que l’on ressent avant même de voir le cliché. Et puis j’aime aussi l’intensité des scènes de la vie sauvage en dehors même de la photo rien qu’en étant spectateur, être là présente, silencieuse devant tant de beauté.

Avez-vous déjà rencontré des problèmes ou avez-vous été confronté à des situations atypiques ?Interview de Marie Claude Orosquette
Oui cela ne m’est arrivé qu’une fois et par méconnaissance de mon sujet, je ne pensais pas qu’un crocodile me courserait au bord de la rive à 8m, je pensais que la distance de sécurité était suffisante, il faut croire que non, une belle frayeur qui a encore plus renforcé ma vigilance.

Comment voyez-vous la suite de votre aventure en tant que Photographe ?
Continuer de faire de ma passion mon métier, continuer des projets plus spécifiques sur les oiseaux de l’Afrique australe au fil des saisons et en fonction de leur migration, ainsi que sur le régime alimentaire de certaines espèces de martins par exemple et puis me tourner vers l’édition, je recherche actuellement un éditeur…

Voulez-vous vous orienter vers un autre style de photographie, portrait, nu, etc. ?
Non, je reste dans l’animalier, par contre ma formation en biologie ressurgi de temps en temps et l’appel de la macro aussi … à suivre donc.

Pour finir, avez-vous une remarque à faire aux lecteurs de Photovore.fr ?
Interview de Marie Claude Orosquette La seule remarque que j’ai à faire aux lecteurs de Photovore que la nature intéresse, prenez le temps de l’observer, d’approcher de tout ce qu’elle peut vous offrir, éveillez vos sens aux petits matins naissants, respectez-la afin de la préserver au mieux. Pour ceux que la photo animalière intéresse, n’hésitez pas et surtout ne vous découragez pas, elle saura vous le rendre au centuple.

Merci de nous avoir accordé de votre temps, toute l’équipe est admiratif devant votre parcours et votre travail, a bientôt.
Un grand merci à Photovore pour cette interview ;)

Voir le site officiel de Marie Claude Orosquette

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Il y a 10 commentaires


  1. 1 MC OROSQUETTE mai 31st, 2008 at 12:53

    Merci à toute l’équipe de photovore, ce fut un plaisir de faire cette interview avec vous……..

  2. 2 sophie mai 31st, 2008 at 13:46

    excellente interview de ce site, il y a pas à dire c’est vraiment ton portrait ! avec quelques raretés en plus
    bon voyage

  3. 3 MUGNIER Sabine mai 31st, 2008 at 14:48

    MAAAAAAAAAAAAAAAAAgnifique !!!!!!!

    C’est super de lire tes réponses…..
    Mais surtout, ces photos sont de vrais bijoux, d’une intense beauté.
    Et dire que peut être, pour certaines, j’ai eu la chance d’être là juste à côté……
    Tu as l’art de magnifier la nature, et de nous donner en mémoire ces instants précieux, où on sent la fragilité de l’instant…
    Tu nous révèles ce que nous ne pouvons pas toujours voir à l’oeil nu.
    Merci pour toute cette beauté !
    Une fan
    Sabine

  4. 4 Bastien mai 31st, 2008 at 15:00

    Bravo pour cette interview: on ressent parfaitement la sensibilité toute particulière des bons photographes de faune sauvage et de nature… Une sensibilité dont les photos agrémentant l’article rendent compte elles-aussi!
    B.N.

  5. 5 Stéphane juin 1st, 2008 at 10:20

    En voyant ces magnifiques photos ce matin, je me rends encore plus compte du temps qui passe trop vite et des merveilles que finalement je ne prends plus le temps de regarder.
    Comme tu le dis si bien la nature a aiguisé tes sens, mais à la vue de ton travail tu m’a transmis des émotions fortes qui me prouve encore ta sensibilité et ta détermination à obtenir le meilleur.

    Un admirateur inconditionnel

  6. 6 Floflo juin 2nd, 2008 at 13:39

    Bien belle interview qui te ressemble! pour avoir eu la chance de te voir « en action » je sais à quel point tout ceci te tient à coeur et j’attend toujours la prochaine série qui arrive à chaque fois à être meilleure que celle d’avant…
    Bravo et continue à nous faire rêver avec tes photos :)
    Une autre fan (décidémment va falloir ouvrir un fan club)
    Bisous
    Floflo

  7. 7 Maxime Damès juin 2nd, 2008 at 16:35

    Merci à tous les fans de Marie-Claude, ça lui fera surement très plaisir ;)

  8. 8 Dominique juin 3rd, 2008 at 12:11

    Très jolie itv où ressort toute ta sensibilité et ton amour de la vie sauvage.
    Peut-être à un de ces jours de te retrouver en brousse là-bas !
    Bien à toi,

    Dom

  9. 9 Mag juil 31st, 2008 at 19:39

    Tres belles photographies , ca donne envie de voir le reste ;) .
    Bonne continuation dans votre passion .

  10. 10 MC OROSQUETTE nov 18th, 2008 at 9:06

    Merci à tous pour vos commentaires

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