
J’ai choisi cette semaine de vous faire découvrir la photographie HDR avec Pierre-Henry Muller. Auteur du nouveau livre Photographie HDR : des photos hors du commun, Pierre-Henry Muller répond avec précision à notre interview. J’ai pu découvrir depuis quelques semaines ce livre sur la photographie HDR et contrairement à ce que je pensais, cette technique s’adapte à différents types de scènes ou de sujets…
Bonjour Pierre-Henry, comment vous est venue cette passion pour la photo ?
Bonjour Maxime, ma passion pour la photographie entre dans ma passion pour les images fixes ou mobiles et ce qu’elles peuvent faire ressentir en les regardant. Petit j’ai pu manipuler tout style d’appareil photo
Canon, Nikon, Olympus et quelques caméscopes ou caméras super 8. Ma famille m’a très vite fait confiance pour les photos et films de famille, j’avais instinctivement trouvé qu’il était dommage de mettre les visages au centre de la photo, la règle des tiers m’est alors apparu évident alors que je ne connaissais pas son existence. Au lycée j’ai pu pratiquer l’agrandisseur, le développement de photo et pellicules noir et blanc, le sténopé.
L’arrivée du numérique a été un soulagement financier pour moi en tant qu’étudiant à l’époque. J’ai commencé avec un petit compact Fuji qui ne permettait pas grande liberté mais j’avais accès aux premiers reflex numériques de ma famille pour les sorties photos qui nécessitaient un peu de matériel sérieux. Par la suite j’ai pu m’équiper convenablement et j’apprécie depuis de partager ce que j’ai vu et que tout le monde ne peut pas voir.
Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le HDR ?
La photographie HDR permet de s’affranchir de la limite de lumière que peuvent capturer les capteurs et les pellicules. Le constat est simple, lorsque vous prenez un portrait sur un coucher de soleil, soit vous capturez
correctement le soleil / le ciel et le sujet sera trop sombre soit à l’inverse vous capturez correctement votre sujet mais le ciel est tout blanc. La photographie a su contourner ce problème avec l’usage d’un flash ou d’un réflecteur pour équilibrer l’exposition entre ces zones.
La plupart du temps l’usage d’un flash suffit à compenser mais le rendu n’est plus naturel, en voyant la photo on sait qu’un flash a été utilisé. La photographie HDR permet de capturer correctement toutes les expositions d’une même scène. Pour cela il suffit de prendre plusieurs photos de la même scène à différent temps d’exposition pour couvrir toutes les plages de lumière de la zone la plus foncée à la zone la plus claire. Il reste à fusionner ces photos dans un fichier HDR qui est capable de contenir l’ensemble des informations des photos sources. Ce fichier n’est par contre pas affichable ni imprimable car il contient trop d’informations et techniquement aucun écran n’est capable d’afficher autant de contraste. Il faut passer par une deuxième étape, le Tone Mapping pour réduire cette plage de luminosité et finalement assembler les valeurs moyennes des luminosités dans un fichier affichable tel un fichier TIFF ou JPEG.
Pourquoi et comment vous êtes-vous dirigé vers la photographie HDR ?
Mon thème photographique de prédilection est l’exploration urbaine. Cela consiste en plusieurs disciplines ; les friches industrielles, les monuments et lieux abandonnés ; les carrières souterraines, mines, catacombes et tout vide naturel ou lié à l’homme ; les toits d’immeubles ou de monuments. La photographie HDR m’a libérée d’une contrainte énorme dans les friches. Il n’est pas rare de trouver une scène à l’intérieur d’un
bâtiment où l’on a une ouverture vers l’extérieur (fenêtre, toit effondré, …) qui limite les cadrages des sujets. Cela peut se comparer à l’intérieur d’une église où si vous désirez capturer l’intérieur de l’église vous allez vous confronter à un surplus de lumière venant des vitraux. Dans une église cela peut donner un sens artistique à la photo (illumination divine) mais dans mes explorations cela n’avait aucun sens et mon travail doit prendre et figer l’état d’un passé révolu en le mettant en avant sans partir dans un esprit artistique démesuré par rapport au lieu. Naturellement j’ai commencé par prendre des photos sous exposées et sur exposées d’une même scène avec un trépied pour voir ce qu’il était possible de faire avec des masques de fusion mais les résultats sont limités comme sur des scènes comportant des arbres par exemple.
C’est un ami explorateur qui m’a mis sur la piste du HDR et j’ai alors découvert que presque tous les boitiers savaient gérer la fonction bracketing. Il s’agit d’un réglage qui demande à l’appareil photo de prendre trois photos successives en rafale avec différentes expositions en faisant varier uniquement le paramètre temps de pause. Comme ce mode existait et correspondait à mon besoin j’ai entrepris de chercher les techniques capables d’exploiter ces photos sources. Le HDR à l’époque était encore très discret en photographie, c’était les débuts de Photomatix, les fusions HDR et les rendus de Tone Mapping étaient hasardeux et complexes pour obtenir des résultats corrects.
Aujourd’hui le HDR m’est presque indispensable en exploration, mon souhait de retranscrire au plus prêt ma vision est réalisable grâce à cette technique.
Quels matériels photos utilisez-vous et pourquoi ce choix ?
Mon choix du fabriquant a été guidé par ce qui équipait ma famille et mes amis photographes, le but était simplement de pouvoir se prêter du matériel notamment des objectifs. C’est donc Canon qui s’est imposé et je regrette avec le recul de ne pas avoir entrepris une sélection plus technique en fonction de mes impératifs terrain.
C’est le boitier Canon 20D qui a retenu mon attention pour l’avoir
eu entre les mains un we entier. Je l’ai préféré face au Canon 300D pour sa rapidité, sa double molette et ses collimateurs. Le 5D était trop cher pour moi à l’époque alors qu’il remplissait tous mes besoins notamment le fait de rester en 24×36, d’avoir un viseur bien plus grand ce qui est appréciable quand on photographie avec très peu de lumière.
Mon premier objectif indispensable a été le 10-22mm f/3.5-4.5 USM de Canon pour palier au manque de recul dans mes différentes explorations, il est adapté aux APN avec petits capteurs comme le 20D. Est venu ensuite le 24-105mm f/4 L IS USM qui a pour moi l’avantage d’être plus flexible que le 24-70 qui est plus réservé à du studio ou a des reportages sans contraintes externes comme la distance des sujets. En exploration il y a souvent des trous dans les planchers des bâtiments on ne peut donc pas se mettre où l’on veut pour faire la photo que l’on veut, c’est donc le matériel qui doit compenser cela en me proposant une focale plus adaptée sans toute fois emporter 10 optiques différentes.
J’ai fait l’achat d’un 70-200 f/2.8 de Sigma mais ce choix ne s’est pas montré convainquant pour moi, je cherchais une optique pour faire des reportages sportifs ou des sujets en mouvement rapides et j’ai trouvé cette optique bien trop lente pour la mise au point comparé à son équivalent Canon. Néanmoins c’est une optique très intéressante pour les portraits. Je n’ai donc plus cette optique avec moi et l’ai remplacé par le 100-400 f/4.5-5.6 L IS USM de Canon. Cette optique est très polyvalente pour des sujets en mouvement, la rapidité à laquelle on change de focale par le système de pompe est très appréciable. La qualité d’image est très correcte sans forcément rejoindre le piqué des focales fixes dans les mêmes plages de focales.
Une optique à grande ouverture le 50mm f/1.4 de Canon vient compléter mon manque d’ouverture pour des effets de profondeur de champs. J’ai hâte d’avoir un vrai 24×36 pour mieux travailler cette focale car avec le coefficient x1.6 des petits capteurs comme le 20D cela me donne une focale de 80mm, vivement le 5D mk2 :-) . Pour faire du vrai 50mm j’utilise en prêt un 30mm f/1.4 de Sigma. L’achat de mon matériel se fait soit en ligne lorsque je sais exactement ce que je veux, cela coïncide souvent avec le fait que j’ai déjà testé le matériel avant. Sinon je préfère me rendre à Objectif Bastille pour leurs conseils et leur recule face au matériel. J’ai notamment effectué l’achat de mon 24-105 pour pouvoir effectuer des tests face au 24-70 et évaluer mon besoin d’un objectif trans-standard. Les achats de mon trépied et de mes sacs photos ont aussi été fait dans ce magasin, n’hésitez pas à venir avec votre matériel pour faire votre choix c’est vraiment le but d’un magasin standard.
Quels matériels informatiques, accessoires, logiciels, utilisez-vous ?
Je travail sur Mac pour la stabilité du système, sa base Unix (j’étais totalement sous Linux avant), le silence de mon Mac Pro comparé aux équivalents PC. Mon choix s’est fait il y a 6 ans je cherchais un ordinateur portable où pouvoir installer seulement Linux, or à cette époque beaucoup de portables avaient des périphériques compatibles uniquement Windows, c’est quand j’ai appris que Mac OS était basé sur Unix que j’ai compris que tout mon matériel marcherait forcément sous Linux. J’ai reçu mon premier Mac quelques jours avant de partir en congés, je n’ai donc pas installé Linux et suit parti avec un système neuf sans aucun logiciel installé. Quelle ne fut pas ma surprise de voir un système pleinement opérationnel, capable de lire mes photos en RAW, pouvoir les gérer avec iPhoto, … Je n’ai jamais tenté d’installer Linux sur cet ordinateur, j’avais trouvé un système alliant la force d’Unix à une interface simple et efficace.
Niveau logiciel j’utilise presque tous les logiciels HDR Photomatix, Hydra, QtPfsGui, Autopano Pro, Photoshop, chaque logiciel est plus à l’aise dans une certaine catégorie de photo HDR. Photoshop par exemple est le seul à correctement traiter la fusion des photos HDR de nuit.
Pour la gestion de ma photothèque, j’ai commencé par Aperture qui remplissait exactement le rôle que je lui confiais, j’appréciais l’idée du négatif numérique auquel on applique des retouches sans modifier le fichier source. Lorsque Lightroom est arrivé j’ai testé sur les conseils d’un ami photographe, pas de grande différence pour moi dans les premières versions et même des handicaps dans la version 1 comme le fait de ne pas pouvoir gérer des images supérieur à 10000 pixels de largeur, hors en photographie panoramique il est courant de dépasser cette résolution. Tout allait bien lorsque j’ai fait la mise à jour 1.4 qui comportait des bugs et qui m’a supprimé une bonne partie de mes photos sources. J’ai toujours fait des backups mais uniquement lorsque j’avais fini de générer les fichiers HDR et les panoramiques qui sont pour moi aussi des photos sources. Je n’avais donc pas de backup de plusieurs reportages. J’ai bien évidemment changé de méthode de backup mais surtout j’ai abandonné l’idée de confier aveuglément mes photos à un logiciel, je gère donc à la main ma bibliothèque et j’importe à la demande mes photos dans Lightroom ou Aperture pour certaines retouches qui ne nécessitent pas Photoshop. Je préfère perdre le travail de la retouche que de perdre mes originaux.
Les accessoires s’articulent autour d’un flash Canon Speedlite 580EX, d’un trépied 190PROB et rotule 484RC2 Manfrotto suffisamment lourd pour résister à un peu de vent, pas trop lourd pour monter sur un toit et pas trop cher pour ne pas regretter de l’abimer voir de le casser lorsqu’il faut ramper dans des boyaux souterrains. J’utilise aussi des filtres polarisant et gris du ND2 au ND8 en dégradé ou plein, une télécommande filaire, des déports de flash filaire, des gélatines de couleur pour le flash, des tubes d’allonge pour la macro.
On peut ajouter à tout ce matériel connu des photographes, tout le matériel nécessaire pour l’exploration, sac étanches, housse tout temps, l’éclairage pour les souterrains avec 3 lampes acétylènes, des frontales a diode ou ampoule pour produire deux couleurs d’éclairage différentes, des bougies, bottes, cuissardes, casque, …
Quels sont les avantages et inconvénients de la photographie HDR ?
Les avantages sont clairement de tendre à une photo plus réelle et plus proche de la vision que l’on a eu de la scène lors de la prise de vue.
Certaines personnes me disent que la contrainte matérielle est trop forte. Il est en effet plus que recommandé de stabiliser sa prise de vue, cela passe donc par l’usage d’un trépied et d’une télécommande. Pour moi cela n’est pas un inconvénient dans le sens où j’utilise obligatoirement un trépied pour l’exploration car il y a trop souvent un manque de lumière.
Si la prise de vue se fait en extérieur alors il y a des moyens simples pour se stabiliser contre un arbre, sur son genou, les logiciels compensant les mouvements légers.
Le principal inconvénient que je vois au HDR est qu’il est assez dur de faire un rendu réel alors qu’il est très facile de faire un rendu impressionniste. C’est le rendu impressionniste que les photographes n’aiment pas souvent, très peu de sujets à mon sens permettent un tel usage du HDR. Si la prise de vue n’est pas correcte alors les photographes n’ont guère le choix que de faire des rendus sur réalistes et souvent cela suffit à leur faire arrêter toute recherche sur cette technique.
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il est utile de tester la mesure de lumière de son appareil photo pour la photographie HDR ?
C’est une étape que je conseil dans mon livre pour permettre de mieux connaître son matériel, certains modèles grand public ont la fâcheuse habitude de sous exposer la photo pour éviter les zones cramées afin que les photos de famille ne soient pas ratées. A l’inverse certains modèles sur exposent légèrement, il est donc important de savoir la tendance de son appareil face à la mesure de lumière sur une zone blanche neutre. Cet élément est important en photographie normale mais surtout en HDR où l’on va choisir de faire plusieurs photos à différents temps d’exposition. Si votre appareil a tendance à sous exposer les photos vous devrez sur exposer encore plus que d’autres pour avoir les zones sombres correctement exposées.
Quel est, selon vous, le logiciel idéal pour la confection d’image HDR ?
Il n’y a malheureusement pas encore de logiciel capable de faire tous les types de scènes HDR de façon parfaite. Certains logiciels sont à l’aise pour les scènes de jour, d’autres plus pour les scènes de nuit, d’autres pour les sujets en mouvement. Quand il s’agit de l’étape de Tone Mapping chaque logiciel a son propre algorithme et appose un cachet particulier à la photo. Il suffit de bien tous les tester pour trouver ses petites habitudes et avoir un rendu cohérent avec son sujet.
Est-ce que n’importe qu’elle scène ou sujet est adapté à la photographie HDR ?
Presque toutes les scènes peuvent faire l’objet d’une prise de vue HDR, au delà de la photo de paysage ; un portrait, une photo de famille, la photo animalière sont autant de sujet à tester en HDR. J’ai particulièrement
adoré la photo HDR en macrophotographie, cela permet de ne plus utiliser de flash et de profiter d’un éclairage naturel lors d’un coucher de soleil par exemple. Les limitations sont plus d’ordre technique, il est impossible en photo de sport par exemple de prendre trois photos ou plus de la même scène (joueur mobile, voiture qui passe très vite, …). Un domaine me résiste encore mais il ne concerne qu’une minorité de personne c’est la photographie souterraine. Lors de ces prises de vues, le boitier est bien calé sur son trépied et une pause Bulb est lancée sans aucun éclairage, il faut alors se déplacer pour aller éclairer la scène avec flash, lampes diverses. Chaque photo est alors unique par son éclairage et il est donc impossible de faire plusieurs temps de pause sur une même scène éclairée de façon strictement identique.
Avec quel type de fichier (RAW, JPG…) travaillez vous et pourquoi ?
Je travail uniquement en RAW, la raison est simplement que ce format de fichier contient les données brute du capteur de l’appareil photo, il n’y a ni compression ni interprétation de la température des couleurs, du contraste, saturation des couleurs. C’est très important pour moi dans le sens où certaines scènes peu courantes arrivent à tromper l’interprétation qu’en a l’appareil photo. On me demande souvent pourquoi je ne fais pas de prise en RAW + JPEG, plusieurs raisons à cela, la taille nécessaire sur les cartes mémoire multiplié par la prise de vue HDR (entre 3 et 12 photos pour une scène), je vous laisse calculer le nombre de scènes stockables sur 2Go. Enfin sur Mac il est possible de travailler et manipuler des fichiers RAW comme une photo tout à fait normale je n’ai donc aucune raison de me priver de ce format.
Qu’est ce que le Tone Mapping ?
Le Tone Mapping une étape nécessaire dans le traitement d’une scène en HDR. J’ai déjà eu plusieurs retours sur des personnes ayant assemblé leurs photos sources en un fichier HDR et me demander pourquoi le rendu était horrible à l’écran. Il faut savoir qu’une image HDR ne peut être visualisée sur un écran ou imprimée. La raison est que le fichier HDR s’approche des écarts de lumière possible dans la nature et que notre oeil est capable d’analyser. Le Tone Mapping va compresser selon certains algorithmes cette plage de lumière afin de ne garder que les valeurs moyennes de chaque zone. Le résultat est une image exploitable visible par nos écrans, imprimable et exploitable pour la retouche.
Existe-t-il plusieurs styles de photographie HDR ?
Tout à fait, on peut classer et regrouper les différents rendus en trois catégories :
- le rendu réaliste qui consiste à s’approcher du plus près possible de la réalité de ce que l’œil du photographe a vu
- le rendu dit d’extraction de texture qui permet de révéler la texture d’une scène. Cette amplification des contrastes locaux donne un rendu proche d’une image de synthèse de type jeux vidéo ou d’un rendu peinture
- le rendu impressionniste consiste en une démarche artistique qui a pour but de perturber le regard de la
personne qui visionne la photo. Certaines personnes abusent un peu trop de ces effets et il n’y a plus vraiment de démarche artistique à mon sens quand toutes les photos subissent le même traitement.
C’est ce rendu impressionniste qui a fait fuir une grande partie des photographes quand à l’approche de la technique HDR. Avec la maturité des logiciels et des techniques de prises de vue, le HDR réaliste qui en anglais se dit TTHDR pour True Tone HDR est en train de prendre le dessus comme une technique permettant d’outrepasser les limites de la photographie.
La photographie HDR est elle réalisable par tous photographes même amateurs ?
Je considère que cette technique est comparable à la macrophotographie. Il faut un apprentissage des bases de la technique et une bonne dose de pratique. En macro si on ne gère pas correctement la profondeur de champ et la mise au point on obtient des photos floues. Ces photos sont irrattrapables à la retouche. En HDR c’est comparable si votre prise de vue n’est pas correcte alors le rendu ne sera pas à la hauteur de vos espérances. Une bonne prise de vue vous offre la possibilité de faire les trois types de rendus, une prise de vue moyenne ou ratée ne vous offrira le choix d’un rendu impressionniste ou alors des artefacts dégradant la qualité de la photo.
Quels sont vos terrains de photographie préférés, ceux qui vous inspirent ?
Mon thème préféré est l’exploration urbaine, cela consiste à explorer les lieux abandonnés comme des usines, des vieux bâtiments, des anciens sites militaires, des souterrains de types carrières / mines, des toits de monuments ou d’immeubles. C’est dans l’exploration de friches que mon besoin en dynamique plus large de lumière est apparu. J’ai commencé en faisant des masques de fusion entre plusieurs photos d’expositions différentes mais cette méthode a beaucoup de limite lorsque les objets à détourner sont complexes (feuilles d’un arbre sur un ciel sur exposé par exemple). Je pratique pas mal d’autres thèmes photographiques plus classiques comme la macro, les portraits, les paysages, les reportages sportifs ou sur un évènements. Je mets beaucoup cette partie en avant, je me contente d’une petite vitrine sur ces sujets pour que mes contacts puissent juger de mes possibilités.
Votre livre « Photographie HDR » est sortie récemment, pouvez vous nous en parler et comment vous est venu cette idée de réalisation ?
L’idée de ce livre prend source dans les nombreuses demandes que j’ai pu avoir de photographes amateurs
comme pros sur certaines de mes photos. Toutes ces demandes entrent dans deux catégories, les personnes qui connaissent le HDR et veulent savoir mes secrets de traitement, les personnes qui ne connaissent pas cette technique et qui se demandent comment on peut faire une photo avec autant de plage de lumière. A toutes ces personnes j’ai expliqué du mieux que j’ai pu par email comment progresser dans la technique ou tout simplement la découvrir. Jean-Christophe Courte fait parti des personnes qui m’ont demandé comment on réalisait une de ces photos, il est arrivé sur mon site en cherchant à savoir ce qu’était devenu son ancien pensionnat aujourd’hui à l’abandon. Cette photographie l’a interpelé et il m’a contacté pour me donner des informations sur ce château abandonné et par la suite une discussion plus technique est intervenue sur les conditions de la prise de vue.
On remarque sur cette photo que les ombres des colonnes sur le sol ne sont pas noires et l’on distingue les détails du sol. Dans le même temps on a le puits de lumière central qui est correctement exposé. Avec une seule photo ce résultat n’aurait jamais pu être possible.
Je lisais déjà à l’époque le blog Urbanbike de Jean-Christophe Courte mais ce que j’ignorais, même si ces billets tournent très souvent autour des livres, c’est que Jean-Christophe intervient comme conseiller éditorial auprès de plusieurs éditeurs. Il m’a alors demandé si j’étais intéressé par l’écriture d’un livre sur le la photographie HDR. J’avais prévu de faire des fiches techniques en PDF mais je n’avais jamais pensé faire un livre. Après échange sur mes questions sur l’écriture d’un livre, j’accepte la proposition et c’est l’éditeur Dunod qui a séduit par le sujet.
Jean-Christophe m’a dit une phrase que j’ai gardée à l’esprit pendant les 7 mois de travail sur le livre : Il y a un gouffre entre le fait d’avoir l’envie d’écrire un livre et aller jusqu’au bout du projet. Et voilà donc à présent ce livre « Photographie HDR : des photos hors du commun » aux éditions Dunod
Ce livre je l’ai voulu abordable à des personnes qui connaissent les bases de la photographie (temps d’exposition, sensibilité, ouverture) mais aussi aux personnes qui connaissent la technique et qui souhaitent aller plus loin ou découvrir d’autres méthodes de traitement. Un second objectif était de ne pas faire de photos spécialement pour le livre, on voit trop souvent des photos typiques dans les livres techniques je trouve cela dommage. J’ai pu à loisir montrer dans ce livre comment je réalise mes photos d’exploration ou d’autres thèmes photographiques. Plus de la moitié du livre est consacré à un pas à pas de la prise de vue au rendu final avec des scènes de plus en plus complexes le tout richement illustré. Un site internet www.photo-hdr.com a aussi vu le jour et est la continuité du livre, j’y reçois des photographes qui viennent nous expliquer leur approche du HDR, on y parle technique, je vais proposer sous peu plus de tutoriel sur la réalisation de photos HDR sous les différents logiciels.
Comment voyez-vous la suite de votre aventure en tant que Photographe ?
Il n’est pas simple de prévoir ce que l’on sera d’ici quelques années, la photographie est avant tout une passion et comme tout passionné je me donne à fond pour ma passion. Le livre que j’ai sorti cette année fait parti des bonnes surprises qu’il m’arrive dans cette passion, je ne m’y attendais pas et je pense que j’aurais d’autres occasions de trouver d’aussi bons moments créatifs et instructifs.
Pouvez-vous nous donner votre actualité à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?
Mon but actuel est de courir à travers l’Europe et pourquoi pas le monde pour saisir et capturer les lieux abandonnés qui sont autant de trace du passé assez proche de nous et qui restent dans l’oubli. Je considère cela comme de l’archéologie moderne, les usines début 1900 sont rasées car elles gâchent les paysages et polluent les sols, c’est une démarche honorable mais je me rends compte que très peu de traces vont rester de ces usines. C’est à cause de cette course contre la montre et la destruction galopante qui est associée que je ne mets pas assez en avant le résultat de mes prises. Je me contente pour le moment de mettre mon portfolio régulièrement à jour et de préparer activement une exposition. En parallèle j’assure les commandes de tirages, les reportages, les books, des contrats divers.
Pour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs ?
Photovore est pour moi depuis mi 2007 un site de découverte de techniques photo, d’actualités constructeurs et logiciels. Je remercie l’équipe de Photovore et en particulier Maxime de m’avoir proposé cet interview, je salue au passage tous les collègues photographes que je connais et ceux avec qui j’aurais sans doute à partager des sorties intéressantes. J’espère que je n’ai pas été trop long dans mes explications et que vous avez tous apprécié mon univers peu banal, à bientôt.
Merci Pierre-Henry pour toutes ces explications
Vous pouvez retrouver mon portfolio sur http://www.boreally.org et le site consacré à la photographie HDR sur http://www.photo-hdr.com


Il y a 2 commentaires