
Cette semaine, nous changeons de registre et nous vous présentons le travail d’un photographe amateur, Stéphane Dupont. En effet, après la photographie animalière ou de paysage, voici un retour à la photographie « sensuelle » ! Stéphane photographie dans le domaine de la lingerie, du portrait ou du nu artistique. Photographe amateur talentueux et prometteur, Stéphane partage avec nous sa passion pour la photo et nous délivre une interview très intéressante et enrichissante…
Bonjour Stéphane, comment est née cette passion pour la photo ?
Bonjour aux lecteurs de Photovore.fr et merci de m’accorder cette interview afin de vous faire partager ma passion. Et merci encore de vous intéresser à mon travail. Mon nom est Stéphane Dupont, je suis photographe amateur plus connu sous le pseudo Kod&c’Art. Né à Montréal il y a 35 ans, mes parents sont rentrés en France lorsque j’avais 9 ans, depuis j’ai vécu dans plusieurs régions. Banlieue Lyonnaise, sud-Isère, près de Nîmes. Puis St Étienne, Clermont-Ferrand, Angers, et maintenant le sud de la France. Ma profession est loin de ma passion pour la photographie, car je suis technicien de maintenance aéronautique près d’Aix en Provence. La photo est pour moi essentielle, peut-être comme un exutoire. Créer de belles images dans ce monde de brut. Ce qui est sûr c’est que je ne reste pas trop longtemps sans faire un cliché, je suis vite en état de manque !
Quand et comment avez-vous débuté en photographie ?
Comment sait-on qu’une passion née en soi, hum… surtout une passion telle que la photographie ?
Car tout le monde fait des photos de famille, et je n’échappe pas à la règle. Mais depuis longtemps (vers mes 14/15ans) je sentais en moi, que faire une photo était plus important que de laisser une trace du passé. Mais sans encore savoir quoi en faire et surtout comment la faire ! J’empruntais le reflex de ma sœur et m’amusais à faire du noir et blanc (paysage). Une attirance vers ce matériel emblématique qu’est un boîtier reflex. Première preuve de l’intérêt que j’apportais déjà à la photo.
Puis à toutes les occasions j’avais un appareil avec moi (très souvent des compacts!) Mais le vrai déclic (je devrais dire déclenchement) est arrivé en même temps que mon premier fils. Là, très vite, un boîtier reflex (argentique) devenait indispensable. Et j’ai commencé mon réel apprentissage en lisant des revues spécialisées, en notant chaque réglage de chaque photo afin de comprendre, une fois développée, pourquoi ça allait ou pas !
C’était il y a maintenant un peu plus de 7 ans. J’étais devenu un vrai boulimique de renseignements et je voulais comprendre à défaut de maîtriser. Mes premiers portraits faits au 300 mm ont été une révélation! Là j’ai su que ces photos de famille ne seraient plus de simples photos pour moi et que cette passion enfouie, venait de s’imprimer en moi.
Quel matériel photo utilisez-vous et comptez vous évoluer ?
J’ai gardé le reflex de ma sœur, un Pentax P30 argentique sans autofocus, une merveille, celui qui m’a fait comprendre les B.A-BA de la photo.
Ensuite, je suis passé chez Canon, donc mon premier reflex un EOS 3000N, toujours argentique. Puis comme beaucoup je suis passé au numérique, et j’ai fait l’acquisition d’un Canon EOS 30D… un vrai boîtier, pas encore un pro mais expert, avec toutes les fonctions nécessaires pour faire de la photo et une souplesse d’utilisation du numérique, plus besoin de noter sur un carnet chaque prise de vue pour s’améliorer ! Et enfin, je me suis offert un vieux argentique EOS 5 d’occasion.
Pour ce qui est de l’éclairage, j’utilise au maximum le soleil ! Pour 3 raisons principales, d’une, le matériel coûte très cher. Deuxièmement, je trouve la lumière naturelle beaucoup plus douce et agréable à travailler. Et troisièmement, soyons sincères je ne maîtrise pas du tout l’éclairage type studio, pour cause, je n’en ai jamais fait encore !
Pour ce qui est d’évoluer, il est certains que j’aimerais avoir un 5D, pour bénéficier du Full Frame et des qualités exceptionnelles de ce boitier. Posséder également un 85 f:1.2 serait une belle évolution. Mais aujourd’hui je me satisfais pleinement de mon matériel.
Il semble difficile de trouver des modèles pour du nu artistique, pourquoi ?
La difficulté n’est pas dans le fait de trouver des modèles. C’est plutôt la crédibilité du photographe qu’il faut prouver. Les boîtiers reflex se sont démocratisés, et aujourd’hui beaucoup se disent photographes et ne sont en réalité que des voyeurs ou autres usurpateurs! Un deuxième point pour ma part, est dans mon approche de la photographie de nu. En effet, jusqu’à maintenant c’est le côté artistique qui m’intéresse, et non le côté lucratif. Or, pour beaucoup de modèles une rémunération est demandée. Attention, je ne dis pas que je suis contre le fait de demander une rémunération pour un travail et je le leur dis à chaque fois, je comprends tout à fait leur démarche. Étant considéré comme un travail pour bon nombre d’entre elles, il est tout à fait logique qu’elles soient payées. Je ne dispose pas d’un budget pour ce type de prestations, sauf dans certains cas (comme une commande d’un calendrier, où la évidemment il n’y a pas de problème), donc pour l’instant, je fais ces photos pour le plaisir de réaliser de belles images, ce n’est pas un travail à part entière mais le partage d’une passion commune pour la photographie. Donc peu de candidates pour cette démarche là.
La plupart de vos photos sont réalisées en intérieur, travaillez vous aussi en extérieur ?
Je travaille énormément chez le modèle ou dans un lieu de son choix. Trois raisons principales pour cela, les modèles sont plus détendus dans un environnement qu’elles connaissent et dans les images on ressent beaucoup ce phénomène de stress ou non. Lorsqu’elles doivent se changer, elles le font dans leur chambre ou dans leur salle de bain, et ça les rassure aussi de savoir que ce n’est pas dans un endroit glauque où elles pourraient être épiées. On va penser que je vois le mal partout, mais ce sentiment d’insécurité n’est pas à écarter, et rejoint la question précédente sur la difficulté à trouver des modèles. Par contre, je ne dispose pas vraiment d’un studio, je peux utiliser un hangar propre et restauré comme la série faite avec une turbine et hélice d’avion, c’est un grand local vide qui permet de faire une séance en toute tranquillité.
Deuxièmement, pour l’extérieur, c’est simple, je n’ai pas beaucoup de candidates! Pour les mêmes raisons précitées, comment être à l’aise en extérieur en étant pas tout à fait rassurée dans un environnement connu. Mais c’est vrai que les deux trois expériences en extérieur m’ont plu, et que je suis prêt pour retenter ce style d’image.
En troisième point, je préfère créer une ambiance intime, avec des plans rapprochés et de faire une séance en intérieur renforce cette intimité. J’aimerais d’ailleurs encore plus approfondir ce style.
Quel est selon vous, le secret d’une bonne composition ?
Cette alchimie qui fait que la photo se rapproche de LA photo! Le secret je ne l’ai pas. Je sais en général ce qu’il faut éviter au maximum, et surtout ce qu’il ne faut pas faire. Je tente autant que possible de ne pas commettre de grosses fautes (par exemple une belle prise électrique qui gâche le fond et qui attire l’œil). Le plus important pour moi, c’est de marier la lumière et la matière, entre autre le corps, dans une harmonie la plus complète. Tout ça c’est pour la technique. Pour ce qui est du secret de la composition, je pense que c’est la complicité entre modèle et photographe qui fera une bonne composition.
Afin de capter une bonne lumière, est-ce que le corps de vos modèles est maquillé ?
Les modèles qui ont bien voulu collaborer avec moi jusqu’à maintenant s’occupaient elles-mêmes de leur maquillage. Et aucune ne se maquillait le corps. Le maquillage, en effet, permet d’atténuer une (sur)brillance qui pourrait perturber cet équilibre, cette harmonie dans la photo. Mais je m’applique à prendre la bonne exposition pour chaque prise de vue. Et pour assurer en post-production, je fais toutes mes photos en RAW, ce qui me permet après coup de pouvoir rattraper une éventuelle erreur.
Pouvez-vous nous expliquer la différence entre l’High Key et le Low Key ?
Deux techniques très proches et pourtant radicalement opposées ! Le low key pourrait s’apparenter au clair obscure, la photo est pratiquement sombre dans sa totalité, avec juste une touche de lumière qui accroche le regard. Pour le High key, c’est l’opposé, comme le Ying et le yang, la photo est très claire sur sa majeure partie et un seul élément est sombre. Techniques difficiles à mettre en œuvre, il faut avoir une grande maitrise de l’éclairage.
C’est une définition un peu simplifiée, et ne pratiquant pas ce style, j’en parle certainement moins bien qu’un spécialiste du genre. J’espère qu’ils ne m’en voudront pas !
Est-ce que certains de vos modèles refusent certaines poses ?
Travaillant dans la plus grande transparence, le style de la séance et les grandes lignes directrices sont établis et discutés avant la séance. Ceci évite d’avoir des « conflits » au moment de la séance, ce qui, en plus, casserait cette confiance, et signalerait une séance ratée.
Ça nous arrive de discuter une pose, afin de comprendre ce que je recherche, et en général c’est moi qui refuse une pose, si je la trouve vulgaire ou décalée par rapport au sujet.
Comment arrivez-vous à mettre vos modèles en confiances ?
L’humour ! En réalité, c’est surtout le sérieux des premiers contacts qui doit faire la différence, je pense. J’essaie, également, d’être le plus honnête, en expliquant au maximum mes méthodes, ma façon de faire. Et pour finir, j’utilise donc l’humour. Détendre l’atmosphère au maximum pour créer cette complicité entre le photographe et le modèle. Il y a aussi un énorme avantage à travailler en numérique aujourd’hui, car on peut montrer tout de suite les premiers résultats, et le modèle prend vite confiance avec les premières images. Même si les premières ne sont pas toujours les meilleures (je le leur dis également), ça leur montre que ce que je leur avais expliqué auparavant est vrai, et que le résultat voulu n’est pas loin.
Une fois cette confiance établit, les bonnes photos arrivent vite et les meilleures sont en général celles qui sont faites après une heure de séance.
D’ailleurs, j’ai un très grand respect pour les portraitistes de personnalités qui réalisent une photo avec toute l’intensité nécessaire, en moins de trois minutes dans les couloirs des grands hôtels, pour les évènements tel que le festival de Cannes. Eux, détiennent ce petit plus, certains appellent ça le charisme.
Quel motif vous a poussé à photographier les femmes et le nu ?
Quel plus beau thème que le corps féminin. L’art a toujours été fasciné par ce sujet, et je ne fais pas exception. La passion pour la photographie, je l’ai sans aucun doute. Mais dire avoir la passion pour les femmes, c’est plus compliqué, car je ne suis pas un « consommateur » de femmes. Je suis marié et suis amoureux de ma femme. Je suis heureux dans mon couple, et trouve tout ce dont j’ai besoin, notamment 3 merveilleux enfants. La preuve de cette confiance, c’est que mon épouse me laisse exercer ma passion, sachant que je ne fais pas des photos de nu pour voir des femmes nues, mais pour créer des images douces et sans arrière pensées. Juste le plaisir de jouer avec les matières.
Je suis attiré par ces courbes, ces galbes que seules les femmes peuvent avoir. Avec une finesse de peau où la lumière aime se perdre. Et qui dit lumière, dit photographie. Donc naturellement ces deux univers se sont rejoints, et je tente dès que je peux d’unir la photo et le nu féminin.
Voulez-vous vous orienter vers un autre style de Photographie ?
Je fais déjà d’autres styles, comme je le disais plus haut, je suis un vrai passionné de photo et j’aime capturer la lumière où qu’elle soit.
Je pourrais qualifier la photo de nu comme une passion dans une passion. Un peu comme le must de la photographie. Réussir une image n’est pas toujours évident, car il faut réunir beaucoup de paramètres. Mais réussir en plus une photo avec cette difficulté supplémentaire des relations humaines dans ces conditions est très réjouissant.
J’aime faire des paysages, des photos de détails dans les villes, d’architecture, des rallyes, même prendre des avions…j’ai d’ailleurs créé un poster d’un cockpit d’avion pour la formation des pilotes, avec un assemblage de 18 calques et une vingtaine d’heures en post-traitement. Comme vous pouvez le voir j’aime toucher à tous les aspects de la photo.
Le monde qui nous entoure est une source inépuisable d’inspirations photographiques. Il suffit d’ouvrir l’œil.
Mais comme tout photographe, un style se détache en chacun de nous, et avec le temps, je m’aperçois que c’est ce contact humain, ce partage le temps d’une photo qui m’attire le plus. C’est pourquoi, j’aime aussi le portrait (rappelez vous que mon premier déclic s’est produit quand j’ai mis mon œil pour la première fois dans un 300 mm pour faire un portrait). Être le témoin d’évènements (mariages, baptêmes, repas d’entreprises…). Je me suis même lancé dans des reportages, comme sur le fret en avion de nuit, ou un stage conduite de voitures de prestige sur circuit et d’autres encore.
Pour un grand timide comme moi, réservé de nature, la vie m’a appris à me dépasser et à m’ouvrir un peu plus aux autres. Et quel bonheur aujourd’hui de faire des photos et de voir la joie dans les yeux des gens photographiés qui arrivent même à se trouver beaux et qui me remercient d’avoir été là pour ces moments.
Quelle approche préférez-vous, la couleur, le noir et blanc, le sépia, et pourquoi ?
A chaque situation sa couleur. Un autre avantage de faire mes photos en RAW, car même si je pense la photo avant de déclencher, une fois en post-production je peux changer de virage et passer en noir et blanc ou en sépia. Mais en général le nu se prête bien au noir et blanc, ce côté intemporel.
Mais je me surprends à préférer une photo en couleur, alors qu’au départ je l’imaginais en NB, la couleur du soleil, par exemple, à certaines heures, prend le dessus aux styles monochromes. Je pourrais dire que c’est l’émotion, les sentiments qui se dégagent qui déterminent la technique finale.
Est-ce que les modèles sont des professionnelles ?
Pour la plus part, mes modèles ne sont pas pros. Certaines sont semi-pros et la séance est complètement différente. Ce qui est intéressant, c’est de mélanger leurs expériences, car finalement, ce sont elles qui m’enrichissent. J’aimerai un jour faire une séance typiquement pro, avec maquillage pro, coiffure pro, modèle pro, éclairage pro, assistant(s) et tout ce qui fait qu’une séance passe du côté pro. Juste pour voir si j’arriverais à garder mon style, si je ne serais pas envahi par toute cette rigueur et ces contraintes engendrées par un côté professionnel où tout est compté, notamment le temps.
Avez-vous le projet de travailler avec des modèles masculins ?
J’ai effectivement été contacté par des hommes qui voulaient faire un book. Je suis prêt pour une séance sans problème, les techniques restent les mêmes, la lumière réagit de la même façon sur un corps féminin que masculin. Mais ces premiers contacts n’ont jamais donné suite. Et je n’en connais pas la raison, pas plus d’ailleurs pour certains contacts féminins qui cessent de répondre sans raison apparente. Ce qui pourrait peut être me manquer en nu masculin, c’est cette sensibilité que j’ai envers le corps féminin.
Il faudrait peut être que je commence par faire une séance en duo masculin/féminin pour faire une transition. Mais ce doit être encore plus difficile de trouver un modèle, surtout du côté féminin.
Avez-vous le projet de faire une série de photos de nu artistique avec 2 ou 3 modèles féminins ?
Pourquoi ne pas commencer par un duo féminin, avant de faire un duo homme/femme ? Cette idée me plaît beaucoup, le niveau de difficulté doit être en proportion du nombre de modèle. Un futur challenge, pourquoi pas ? Avis aux modèles intéressées !
Qu’avez-vous vous envie de communiquer au travers de la photo ?
Hormis pour les photos « techniques » comme celle du cockpit d’avion, qui elles n’ont rien d’artistique. J’ai surtout envie de faire passer de l’émotion, celle là même que je ressens au moment de déclencher, que ce soit de la joie dans les yeux d’un enfant, de la malice dans l’attitude d’un modèle en lingerie très colorée ou, plus subjectif, de la douceur d’une dentelle qui épouse les courbes d’une femme. Une photo sans émotion, est comme un cadre vide, il manque l’âme. J’espère donc transmettre un peu de cette émotion dans mes images.
Comment voyez-vous la suite de votre aventure en tant que Photographe ?
Passé du côté professionnel est une tentation grandissante chez moi ces derniers temps. Pour le moment, la photographie reste une passion et je l’exerce en tant que telle. Peut être qu’en ayant plus de projets, des contacts plus réguliers ça me ferrait passer le cap, mais aujourd’hui ce n’est pas encore le cas et mon métier de technicien me satisfait pleinement. Ce qui est sûr c’est que ne ferme aucune porte et je verrais bien ce que l’avenir me réservera. J’espère surtout avoir encore beaucoup de séances, où je rencontre des personnes formidables, où ces moments de création sont enrichissants dans plusieurs domaines.
Pouvez-vous nous donner votre actualité à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?
Une interview sur Photovore.fr !
Plus sérieusement, pas d’exposition en vue pour le moment. Un projet de revue interne au sein de mon entreprise, où mes reportages photos sur nos différents métiers seront au cœur de cette revue. Donc d’autres reportages seront à venir sur le métier de l’aérien, mais rien de précis pour le moment. D’autres projets de séances avec des modèles sont en cours de préparation, toujours avec ce mélange corps féminin et avion/pièces d’avion. Avec une différence, c’est qu’avec ces modèles le niveau de qualité devrait être augmenté, car elles sont plus exigeantes et me demandent un projet plus élaboré. C’est très bien, ça me pousse à aller plus loin et me surpasser. Et rien que pour ça je les remercie.
Pour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs ?
Je trouve que Photovore.fr est très bien structuré, et il est très complet. En effet, vous abordez tous les domaines liés à la photographie, que se soit le matériel, les évènements, les photographes…Vous restez impartiaux, ce qui est une très grande qualité à mes yeux. Aux lecteurs, je leur souhaite de très bonnes lectures sur ce site, qu’ils ont de la chance d’avoir un site comme le votre pour partager leur passion et je leur donne rendez-vous sur votre forum photo.
Merci Stéphane pour ces commentaires et cette interview, nous te souhaitons tous nos vœux de réussites dans ce domaine photographique.
Voir le site du photographe Stéphane Dupont.




