14 décembre 2009

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Encore une interview de photographe animalier me direz-vous ! Oui et non… Cette semaine et pour cette fin d’année 2009, nous vous proposons de découvrir un photographe naturaliste talentueux nommé Éric Médard. Passionné depuis plus d’une vingtaine d’année, Éric s’efforce d’immortaliser et de mettre en image ses rencontres les plus magiques, les plus improbables, les plus émouvantes avec les animaux sauvages. Proche de sa terre, la Mayenne et son bocage, il arpente, observe et fige la nature sauvage proche de son lieu d’habitation, tout en préservant son environnement. Éric aime, comme grand nombre de passionnés de photographie animalière, s’y perdre pour mieux la contempler tout en restant des heures dans son affût. Des instants inoubliables face à une chouette effraie, un martin pêcheur ou une renarde toutes tétines dehors allaitant ses petits…

Bonjour Éric, la photographie une réelle passion, d’où vient-elle ?
Depuis tout gosse je parcours la campagne. Lors des vacances scolaires que je passais en Sarthe dans la ferme de mes grands parents, les journées étaient partagées entre la construction de cabanes dans les bois et les longues attentes devant un fragile bouchon de liège le long d’une minuscule rivière. J’adorais laisser passer le temps, bercé par le vent bousculant la frondaison des arbres, emporté par le cri strident de martin pêcheur ou par le vol tournoyant d’une buse variable. Tous me portaient vers des rêves d’aventures et de rencontres sauvages extraordinaires. Depuis je suis resté un contemplatif et la photographie animalière est venue en prolongement naturel, sans doute par besoin de témoigner de mes rencontres avec la faune sauvage.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

D’où provient cette attirance pour la nature et la photographie animalière ?
Le besoin de photographier se présenta brutalement à moi. Alors que je regardais les oiseaux de la mangeoire du jardin entre deux révisions pendant la préparation de mon bac, unPhoto animalière et naturaliste vue par Éric Médard tas de plumes grises tombait derrière la fenêtre 15 mètres devant moi. Une femelle d’épervier émergeait bientôt de ce tas de plumes en désordre, une tourterelle encore bien vivante dans les serres. Je courrais chercher le reflex Minolta de mes parents muni de son 35-80 pour témoigner de ce moment extraordinaire. Mais les dures lois de l’optique se firent durement ressentir, il fallait se rendre à l’évidence, l’épervier et la tourterelle étaient minuscules dans le viseur. La semaine suivante je cassais la tirelire et j’achetais un Minolta X300 et un 70-210 Tokina f/4,5-5,6 à n’en pas douter, l’arme absolue !
Aussitôt, j’ai repris les chemins de mon enfance et je suis retourné attendre aux pieds des terriers de blaireaux connus depuis toujours ou dans la petite clairière au cœur du bois voisin du lotissement où j’ai grandi.

Pourquoi avoir choisi de te diriger vers la photographie naturaliste ou animalière ?
Je ne dirai pas que j’ai choisi de me diriger vers la photographie animalière mais très rapidement ce loisir est devenu une passion dévorante. En même temps, j’ai toujours fonctionné ainsi, je ne sais pas faire les choses à moitié et à partir du moment où je fais quelque chose, je le fais de manière presque exclusive. J’ai fait du hand ball, de l’apnée comme ça. Le problème c’est que cette passion dure depuis plus de 20 ans maintenant et que ça ne va pas en s’arrangeant !

Même si celle-ci n’est pas terminée, as-tu rencontré des étapes importantes dans ta carrière ?
C’est d’abord l’APAB qui m’a véritablement mis le pied à l’étrier. Des gens comme Jean Claude Meslé, Guy Piton ou Louis Marie Préau m’ont vraiment donné envi d’aller au delà du simple fait de ramener une image. Ils m’ont montré qu’une image devait aussi raconter une histoire, être esthétique et avoir un plus qui fasse quelle reste dans les esprits.
Après avoir quitté l’APAB, j’ai aussi quitté la Bretagne pour acheter ma maison en plein cœur du bocage Mayennais. Ce fût alors un nouveau virage. Je m’intéressais dès lors à la faune toute proche de chez moi, celle du jardin. Je n’avais plus à prendre mon véhicule pour chercher mes sujets, les côtoyant au jour le jour, j’apprenais à les connaître au plus profond de leurs habitudes. Je photographiais alors leurs vies les plus secrètes sans me lasser de retravailler sans relâche les mêmes sujets. J’ai aussi commencé à voyager en Europe et aussi en Afrique.
Le dernier virage, je viens de le prendre en changeant de marque de matériel photographique. De Canon j’ai switché vers Nikon et depuis, aussi étrange que cela puisse paraître, de nombreux amis me disent que mes images ont changé.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Peux-tu nous parler de ta région, ton espace photographique, la Mayenne et son Bocage ?
Je ne connaissais la Mayenne que pour la traverser de ma Sarthe natale à la Bretagne, la terre de mes études en sciences naturelles. Les aléas de la vie firent pourtant qu’un jour je dû m’y arrêter et depuis 10 ans maintenant, je m’y sens comme chez moi. Cette terre est comme beaucoup, elle n’a rien de remarquable d’un point de vue faunistique ou paysager. Pas de vautours ou de rolliers, pas d’ours ou de genette, pas d’orchidées rares ou de montagne mais elle est pourtant diverse et extrêmement riche de toutes ces espèces communes mais si discrètes. Grâce à un bocage encore très dense par endroit, j’ai chez moi et dans les communes alentours, une énorme population de chevêches, d’amphibiens les plus rares comme le triton de Blasius. Je me plais énormément dans ce département que je connais très mal, et pour cause, je fais 90% de ma production photographique en ne prenant que mes bottes le matin voir mes Tongue !

champs de coquelicot

Photo animalière rime souvent avec finance difficile, comment t’en sors-tu ?
Heureusement pour moi, la photographie animalière n’est pas mon principal métier. Je suis d’abord et avant tout professeur des écoles. J’ai une famille avec deux enfants et il est hors de question que je les prenne en otage de ma passion. C’est souvent difficile, la frustration est forte lorsqu’il faut aller dans la classe le matin alors que la lumière est terrible, que les affûts sont montés mais qu’ils doivent rester vides ! Lorsque les amis photographes partent en voyage photo et que je doive rester au pays jusqu’aux vacances éducation nationale. Mais c’est le prix à payer pour l’équilibre d’une vie familiale qui sans cela serait sans doute impossible. Et puis cela permet de continuer à faire des images sans arrière pensée « alimentaire ».
Ceci dit, je commence à développer d’autres activités photographiques comme des reportages sur les gens d’ici et les pratiques rurales qui existent encore mais qui disparaîtront sans doute bientôt. A cette diversification, deux raisons : la première, élargir mon spectre de publications possibles et la deuxième c’est tout simplement par plaisir, j’adore aller à la rencontre des gens et en particulier des gens proches de la terre et de leur terroir.
L’argent que je gagne avec mes images finance mon matériel photographique et informatique, mes voyages et je l’espère bientôt un peu de disponibilité pour pouvoir passer plus de temps sur le terrain.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Selon toi, est-il encore possible pour un amateur de réussir dans une carrière de photographe animalier ?
Je suis persuadé que pour réussir en photographie animalière, ce n’est pas uniquement une question de talent. Il faut aussi se rendre disponible pour aller vendre ses images. Certains photographes ne font parfois pas des images extraordinaires et sont pourtant très présents sur la scène alors que j’en connais d’autres qui font des photographies hors du commun avec de vraies prises de risques et qui restent discrets ou qui n’arrivent pas à faire valoir leur travail. Il y a une forme d’injustice mais c’est ainsi.
Je pense de toute façon qu’aujourd’hui il est utopique de vivre grassement de ses images naturalistes. Depuis l’avènement du numérique, le marché est gorgé de jeunes et moins jeunes photographes extrêmement talentueux qui inondent le marché de très bonnes images. A moins d’avoir une vraie marque de fabrique ou un sujet en marge et l’habituel impossible de vivre décemment. Ce n’est pas un hasard si même les grands noms commencent à faire des stages photographiques, la concurrence est rude.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Quels matériels photos utilises-tu ? Est-il mis à rude épreuve ?
J’ai commencé avec un 70-200 Tokina puis avec un 200 f4 MD, optique remarquable. J’ai ensuite craqué pour un 500 Takumar à vis puis un 500 mm f/4,5 canon FD. Alors que je vendais mes premières images, j’ai pu acheter mon premier objectif autofocus, un 500 mm f/4,5 USM avec à l’époque un EOS 5. Mon premier numérique fût un EOS 300D puis un EOS 30D. J’ai tout revendu en début d’année pour passer chez Nikon. L’incapacité de Canon à réagir face aux boîtiers très pros de Nikon m’a décidé à franchir le pas.
Depuis, j’utilise un Nikon D700 avec un parc optique encore assez restreint : un fish eye Zénitar f/2,8 16mm, un 35-80 mm, le 70-300 mm VR et le 500 mm f/4 VR muni ou non d’un multiplicateur 1,4. La vraie révélation c’est le D700, un vrai plaisir de retravailler avec un équivalent 24×36, je retrouve mes marques et c’est un boîtier sans pareil : fabrication tout temps, capteur excellent même en très hautes sensibilités, vitesse de réaction digne des besoins d’un photographe animalier qui aime figer les choses qui bougent !
Je prends énormément soin de mon matériel, dès l’achat il est soigneusement gaffé, mais c’est avant tout un outil et il est là pour servir, pas pour rester dans un sac.

Aujourd’hui, que contient ton sac à dos ou ton fourre-tout sur le terrain ?
Photo animalière et naturaliste vue par Éric MédardCela dépend vraiment de ce que je vais photographier mais la plupart du temps je travaille au 500mm par facilité et par habitude et c’est une optique tellement extraordinaire. Mais quand je travaille sur mes chauves-souris c’est le plus souvent au 35-80 mm ou au fish eye.

Le contenu de ton sac photo est-il différent en fonction des pays ou des sujets rencontrés ?
Lorsque je voyage, j’emmène toujours le maximum, on ne sait jamais ce que l’on va réellement trouver et photographier. Et ma petite expérience m’a montrée que le hasard des rencontres réserve toujours des surprises.

Avec quel matériel informatique travailles-tu sur le terrain, ou en post-traitement ?
Sur le terrain j’ai un Mac PowerBook G4 12 pouces. Ce petit ordinateur est largement suffisant pour décharger mes Compact Flash et pour visualiser quelques images. De plus sa robustesse en fait un outil fiable et durable. Je décharge mes cartes sur l’ordinateur et sur un disque dur externe Slim Disk de 2,5 pouces.
Pour le post traitement, je travaille depuis peu avec un iMac 27″ muni d’un Quad Core i5. C’est un véritable luxe de pouvoir disposer toutes les palettes nécessaires au traitement de l’image autour de la photo. Pour l’archivage j’utilise Iview Média Pro et pour le post traitement NX2 et Adobe Photoshop Elément 2.

Peux-tu nous expliquer pourquoi un téléobjectif 500 mm n’est pas suffisant pour la photographie animalière ?
Bien sûr qu’un téléobjectif de 500 mm n’est pas suffisant pour la photo animalière. Il faut d’abord connaître son sujet, un naturaliste à plus de chance de devenir un bon photographe qu’un photographe devenir un bon naturaliste. Je veux dire par là que la connaissance du sujet est plus importante que la manière de photographier. Car connaître son sujet, c’est pouvoir construire des affûts qu’il saura accepter. A partir de là, la longue focale n’est plus nécessaire sauf à vouloir en faire un choix technique.L’autre raison est que l’on peut très bien faire d’excellentes images au très grand angle, le travail de Cyril Ruoso en est la preuve ainsi que la photographie gagnante du dernier concours du GDT.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

L’affut est donc la solution pour s’approcher au plus près des sujets animaliers, as-tu des astuces, conseils et autres à partager ?
Oui, l’affût à tout prix et quel bonheur que d’être tout près de son sujet, d’entendre le bruit du bec du martin pêcheur alors qu’il se lisse les plumes, d’entendre les dents du chevreuil couper l’herbe tendre de la prairie naturelle…
Et il y a deux types d’affûts, ceux que l’on approche du sujet, les plus délicats car ils demandent un sans faute et c’est pour ceux-ci que la connaissance du sujet est incontournable, pour ne pas commettre d’impair. Et il y a l’affût où l’on attire le sujet, ceux là sont moins difficiles et surtout sont souvent moins à risque pour la faune. C’est le cas des mangeoires à passereaux ou des zones de nourrissages pour des mammifères comme l’écureuil ou la fouine. (Voir des exemples d’affûts sur le site d’Éric Médard).

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

On peut aussi photographier la faune avec des focales moins longues, peux-tu partager avec nous cette technique ?
Photographier la faune avec des focales courtes peut se faire là aussi de plusieurs manières. On peut déclencher à distance avec un câble ou une télécommande radio. On peut aussi mettre en place un piège de type infrarouge. On peut enfin s’approcher très près de son sujet jusqu’à entrer dans un nichoir ou presque toucher son sujet comme en affût flottant par exemple.

Quel regard as-tu sur le matériel photo et quels conseils donnerais-tu aux amateurs ?
Aujourd’hui le matériel photo est en perpétuel évolution et il y a où s’y perdre. Mais il n’a jamais non plus été aussi performant. Je pense qu’il faut résister à l’envie d’être possesseur du matériel dernier cri. Une fois que ce que l’on possède correspond à ses besoins, il ne reste plus à s’en servir et surtout tenter de l’utiliser au maximum de ses possibilités. Bon nombre de photographes sont persuadés que leur autofocus est inefficace alors qu’il est seulement mal paramétré !
Avec l’avènement des capteurs petit format, un 300 mm devient presque un 500 mm, avec un multiplicateur ajouté cela devient un 700 mm. Ces focales sont bien suffisantes pour photographier dans 90% des cas.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Que penses-tu et quel regard as-tu sur la photographie d’aujourd’hui ?
Je pense que malheureusement, la photographie n’échappe pas aux travers de notre société actuelle. Beaucoup de photographes veulent tout, tout de suite, des images sensationnelles d’espèces sensationnelles. Il y a moins de place pour l’attente, l’espérance, la rêverie et la patience. Beaucoup sautent d’un avion à l’autre pour aller chercher l’oiseau rare et oublient de s’arrêter dans leur jardin ou au bord du fossé. Je ne dis pas qu’il n’est pas agréable d’aller chercher à voir ailleurs (j’y vais de temps à autre avec beaucoup de satisfaction) mais il y a souvent beaucoup à voir sur le pas de la porte.
Et puis il ne faudrait pas oublier que les photographes restent des témoins privilégiés de la nature sauvage et qu’en tant que tel ils se doivent de la protéger et de la faire aimer. En aucun cas, une photo ne doit mettre en danger son sujet aussi anodin soit-il ? Photographier la faune sauvage peut aussi être un acte militant.

Quel est ton regard sur les banques d’images et microstocks qui vendent des photos à 1€, voir moins ?
C’est une véritable catastrophe pour toute notre profession. Les personnes qui laissent ainsi leurs images dans ces banques sont irresponsables mais celles qui le sont encore plus sont les éditeurs qui font appel à ces sociétés.

grande aigrette

Comment décris-tu ton approche de la lumière ?
Comme beaucoup, j’ai longtemps recherché à avoir une belle lumière bien dans le dos pour faire des images. Aujourd’hui, et sans doute que le numérique joue là aussi un rôle, je recherche des lumières plus difficiles, des contre jours parfois violents et parfois aussi l’absence de lumière par des météo perturbées par exemple. J’aime tout particulièrement les ciels d’orage et les lumières très chaudes des petits matins. Ces quelques minutes où le soleil passe juste l’horizon tout orange.

Proche de l’environnement et de la nature, comment contribues-tu à sa conservation ?
Je contribue, je pense à sa conservation au travers de mes conférences. Ce contact avec le public est primordial car souvent l’image ne suffit pas à elle même. Je ne pense pas que l’image seule donne envie aux visiteurs d’aimer leur environnement mais elle peut servir de support privilégié à un discours expliquant les enjeux de la protection des écosystèmes et de l’importance de la biodiversité pour aujourd’hui et pour demain. J’essaie aussi d’être le plus en phase possible avec mes convictions, je me déplace le moins possible pour faire mes images, la grosse majorité de mes photos peut être estampillée zéro CO2.
J’ai la chance de faire aussi un des plus beaux métiers du monde, celui d’enseignant. Et mes élèves sont tout naturellement sensibilisés à la protection de leur environnement.
Enfin, dans ma manière de rénover mon habitat, de jardiner, d’entretenir mon terrain, j’agis en tentant de favoriser au maximum la diversité de la faune et de la flore.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Peux-tu nous parler de tes excellentes images sur le coucou, comment ce sont déroulées ces prises de vues ?
Ces images de coucou, je les avais depuis longtemps dans la tête. Le problème dans mon paysage bocager, c’est que le coucou chante en passant d’une haie à une autre en choisissant toujours des perchoirs hauts et souvent dénudés. Fort de cette observation, j’ai décidé en 2008 de fabriquer un affût permanent haut perché dans un chêne et de disposer à distance photo un perchoir correspondant aux attentes du coucou.
J’ai travaillé durement pour monter cet affût à 13 ou 15 m mais aussi pour planter un tronc et y accrocher un perchoir esthétique au bout pour que l’ensemble monte aussi à 15m. Le tout bien sûr en faisant bien attention à la qualité du fond. Je voulais un fond vert et pas un fond de ciel.
Une fois cette tâche accomplie, il me restait à choisir le bon moment pour me mettre à l’affût. Trois coucous chantaient en permanence le long de ma haie, j’ai attendu qu’une femelle se présente. Facilement reconnaissable à son chant, les trois mâles devinrent complètement fous. Il ne me restait plus qu’à monter dans l’affût et attendre. Lorsqu’il arriva droit sur le perchoir, j’eus le temps de faire une quinzaine d’images avant qu’il ne reparte définitivement.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

As-tu un sujet photographique de prédilection, un sujet que tu aimes photographier plus que d’autres ?
Il y a deux sujets que j’aime plus que les autres : les prédateurs, qu’ils soient à poils ou à plumes et les chauves souris.
Et ce que j’aime chez les chauves-souris, c’est les photographier en vol. Elles sont capables de prouesses que beaucoup d’oiseaux pourraient leurs envier.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Selon « Éric Médard », quelles sont les caractéristiques d’une photo réussie ?
Une photographie réussie doit déclencher une émotion forte chez celui qui la regarde. Un truc du genre Ouaaaa, qui scotche et qui fait que la personne y revient et la garde en mémoire. La lumière est primordiale mais il doit aussi se passer quelque chose avec le sujet. Un regard, un comportement, un clin d’œil, un message…

Les concours ou les festivals comme le célèbre Montier-en-Der sont de plus en plus convoités et difficiles, qu’elles seront, selon vous, les tendances à venir ?
Question difficile, les choix des jurys sont je trouve toujours assez inattendus. Mais je dirai que les photographies que j’appelle « ornithologiques » n’ont plus de chance aujourd’hui. Une photo « ornithologique » c’est un beau sujet plein cadre, belle lumière, joli fond mais c’est tout… Toujours plaisantes à faire et à regarder, ces images ne se démarquent plus aujourd’hui. Il faut que cela bouge, des lumières hors du commun, des contre jours, des points de vue inhabituels. Le sujet n’est pas forcément important, c’est la manière de le traiter qui fait la différence. Et c’est aujourd’hui très difficile de se démarquer, il y a tellement de photographes bourrés de talents.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Comment voyez-vous la suite de votre aventure en tant que Photographe ?
J’espère que mon activité de photographe va pouvoir se développer un peu, de façon à pouvoir faire davantage de terrain. C’est vraiment là que je me sens en phase avec ce que j’aime faire. Je pense aussi développer mes sujets reportages liés à l’environnement ou à des activités humaines en liaison directe ou indirecte avec la protection de notre planète.

Pouvez-vous nous donner votre actualité à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?
Je participe à la mise en place d’un festival d’images nature en Mayenne. Les deux acteurs principaux de ce festival sont Mayenne Nature Environnement et l’association Cardamine. Le prochain festival aura lieu les 30 et 31 janvier 2010. A cette occasion, de nombreuses conférences et expositions photographiques seront proposées. Il y a aussi un concours photographique richement doté dont Louis Marie Préau sera le président de jury.
J’aurai le plaisir de présenter ma nouvelle exposition sur le bocage sauvage à cette occasion et je présenterai par la même occasion mon nouveau diaporama sonorisé.

Photo animalière et naturaliste vue par Éric Médard

Pour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs ?
J’avais déjà lu des interviews de photographes sur votre site et j’avais consulté également vos articles techniques richement documentés. Je n’aurai pas pensé que vous puissiez me demander de répondre à une interview. Je vous remercie très vivement de m’avoir offert cet espace de discussion et je vous félicite pour votre travail qui va dans le sens d’une aide constructive aux photographes. Votre site permet en outre, j’en suis certain, à beaucoup de jeunes photographes de trouver des réponses tant techniques que artistiques à la pratique de leur passion.

Voir le site Libres et sauvages du photographe naturaliste Éric Médard.

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