Photographe animalier, interview du photographe Fabien Gréban

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Publié le 07/02/2010

En France, dans nos campagnes, la faune sauvage est encore très variée. Cependant, pour réussir à l’approcher ou plus difficilement à la photographier, le photographe animalier doit connaître parfaitement son sujet… Comme Fabien Gréban dans cette interview, le photographe animalier doit connaitre le comportement et les habitudes des espèces photographiées. L’observation permet au photographe de s’approcher au plus près en imaginant différentes techniques pour ne pas être vu ou simplement senti ! La patience, le respect et l’humilité son les maîtres mots du photographe animalier. Fabien Gréban nous prouve avec talent et témoigne avec originalité sa vision de la photographie animalière. Il résume parfaitement la diversité qu’il retrouve dans sa région et nous apporte un éclairage précis sur la faune qui nous entoure, à l’heure ou l’homme se préoccupe de plus en plus de la nature et de son environnement.Bonjour Fabien, peux-tu nous expliquer ton parcours photographique et ta passion pour la photographie ?J’ai toujours vécu à la campagne. Enfant, je faisais régulièrement de longues promenades dans les bois avec mes parents. Nous observions avec plaisir les chevreuils et autres habitants de la forêt. C’est là que mon intérêt pour la nature est né. Quant à la photographie, j’ai toujours été attiré mais aussi rebuté par la technique argentique, d’autant plus que je n’avais personne dans mon entourage pour m’initier. C’est plus tard, avec le développement du numérique, que je faisais le premier pas. Tout d’abord un modeste bridge me confortait dans mon attirance pour la photographie animalière. Je l’ai rapidement remplacé par mon premier appareil photo reflex : le Konica Minolta Dynax 5D. C’était en 2005.Très rapidement, le hobby est devenu passion. Aujourd’hui, je consacre tout mon temps libre à cette activité. Et depuis le début de l’année, je travaille à temps partiel (80%) pour disposer d’un jour supplémentaire à consacrer à la photo.ecureuilMême si celle-ci n’est pas terminée, as-tu rencontré des étapes importantes dans ta carrière ?La première expo est un moment important dans une carrière de photographe. Pour moi, ce fut au salon de la photographie animalière de Saint-Jean de Losne, en 2008. J’ai même eu la surprise de remporter le prix du public pour une photo de renardeau endormi sur une souche. Depuis, j’ai pris goût aux expositions. C’est l’occasion de confronter ses images aux critiques du public et de partager des connaissances naturalistes.renardeauPeux-tu nous parler de ta région, ton espace photographique, le Massif du Jura ?J’ai passé mon enfance dans le Nord-Pas-de-Calais, mais nous venions tous les ans en vacances dans le massif Jurassien. Ce n’est que lorsque mes études se sont terminées, que j’ai pu trouver un emploi me permettant de m’installer dans la région.J’ai trouvé dans ce massif un terrain de jeu idéal pour la photographie animalière : ses grandes forêts sauvages, sa faune remarquable et ses hivers rigoureux que j’apprécie particulièrement. Selon les saisons, je peux ainsi parcourir des milieux différents : les sommets en automne et en hiver, les plateaux et forêts au printemps …Massif du JuraQuels matériels photos utilises-tu ? Est-il mis à rude épreuve ?Je suis maintenant équipé en matériel Nikon. J’utilise un boîtier Nikon D300 et plusieurs objectifs, dont deux zooms et deux focales fixes : un zoom Tamron 17-50 mm f/2.8 pour les paysages, un zoom Nikon 70-200 mm f/2.8 AFS VR pour les photos d’ambiance, une focale fixe Nikon 300 mm f/4 AFS pour la photo animalière en montagne et un Nikon 500 mm f/4 AFS VR pour les affûts.J’apprécie particulièrement les ambiances "difficiles" : le froid, la neige ou la pluie font souffrir le matériel que j’essaie de protéger au mieux. C’est notamment pour cela que j’ai choisi Nikon, en raison de sa réputation de robustesse.ChamoisAujourd’hui, que contient ton sac à dos ou ton fourre-tout sur le terrain ?En affût, je prends uniquement le 500mm monté sur un trépied, en effet, j'ai peur qu'un changement d'objectif me fasse repérer. J'utilise généralement une télécommande filaire afin d'augmenter les chances d'obtenir une image bien piquée. Lorsque je monte sur les sommets du massif, j’emporte le 17-50 pour le paysage, le 70-200 pour les photos d’ambiance que j’apprécie particulièrement et le 300mm pour les portraits, sans oublier le trépied et la télécommande (surtout pour les paysages de nuit). Plus rarement, j'emporte le 500mm, mais son poids est un vrai handicap en montagne …La nuit se retire sur les AlpesPeux-tu nous expliquer pourquoi un téléobjectif 500 mm n’est pas suffisant pour la photographie animalière ?La difficulté de la photographie animalière ne réside pas dans la maîtrise de son matériel mais bien dans les connaissances des espèces animales convoitées et de leur milieu de vie, surtout dans nos pays européens où la faune est très farouche. Par exemple, le mystérieux chat forestier est déjà difficile à observer, je vous laisse donc imaginer la difficulté de le photographier. Pour approcher la faune sauvage, je privilégie l'affût qui me permet de ne pas déranger les animaux et ainsi capter des comportements naturels. Cette méthode est parfois éprouvante, surtout en hiver, mais je l'affectionne particulièrement. J'ai l'impression de rentrer dans l'intimité de la nature.RenardL’affût est donc la solution pour s’approcher au plus près des sujets animaliers, as-tu des astuces, conseils et autres à partager ?Non, je n'ai pas vraiment d'astuces. La condition de la réussite d'un affût étant une longue observation au préalable des habitudes des animaux pour savoir où se placer. Sur certaines espèces, je fais parfois un repérage un an à l'avance. Il faut savoir être patient pour exercer cette activité.J'apprécie particulièrement de suivre les mêmes individus au fil des saisons, connaître les habitudes, identifier leurs traits de caractère permettent d'augmenter ses chances de réussir de bonnes images.Photo de renardComment décris-tu ton approche de la lumière ?Je recherche sans cesse des jeux de lumières qui mettent en valeur le sujet où le message que je souhaite faire passer. Ces choix sont parfois contradictoires avec le piqué de l'image, mais je privilégie toujours l'émotion d'une image à son côté plus technique.Je classe généralement les photographies animalières en deux catégories: les photos documentaires et les photos artistiques. Ma préférence est fortement portée sur cette dernière catégorie. Je m'applique alors sur le cadrage et la lumière pour privilégier le côté esthétique de l'image.BouquetinProche de l’environnement et de la nature, comment contribues-tu à sa conservation ?La nature souffre de nombreuses idées reçues, notamment sur les animaux dits "nuisibles". J'essaie par mes images et le discours qui les accompagne de rétablir certaines vérités, en prenant soin de rester le plus objectif possible sur mes observations. J'essaie ainsi via mon site web ou lors des expos de rendre justice au rôle déterminant sur l'équilibre de la nature que jouent par exemple les renards. Et peut être bientôt un autre support pour diffuser mes images et sensibiliser au rôle des prédateurs …Chat forestierPeux-tu nous parler de ton excellente photo sur l’Hermine, comment c’est déroulé cette prise de vue ?Depuis l'invitation de Fabrice Cahez pour exposer avec mon ami Jérôme Salvi une série de 18 photos d'hermine dans le cadre des 4emes rencontres Natur'images de Tignécourt, l'hermine est devenue mon principale objectif pour ma saison hivernale.Depuis plusieurs mois, je suis donc de près l'évolution des populations de campagnols de la région et je note avec soins les lieux précis d'observation du petit mustélidé. Ainsi, lors des premières neiges de la saison, je savais où prospecter. Après avoir repéré des indices de présence, je suis venu me placer à l'affût avant le lever du soleil. L'hermine a alors sorti le bout de son nez avec les premiers rayons et m'a fait la plaisir de sortir à la surface pendant plus d'une heure. Un vrai régal.hermine blancheAs-tu un sujet photographique de prédilection, un sujet que tu aimes photographier plus que d’autres ?J'ai une attirance particulière pour les prédateurs: renard, hermine et chat forestier sont mes sujets favoris. Ils représentent selon moi l'esprit sauvage et indomptable du massif jurassien. Observer leurs techniques de chasse est passionnant, il est aussi surprenant de voir comme le chat forestier craint les morsures des campagnols qui défendent chèrement leur peau. Les interactions entre eux sont aussi très intéressantes à observer. Un renard s'est notamment spécialisé dans le vol de proies capturées par le chat forestier: bien caché dans une haie, le renard attend que le chat ait saisi une proie, il fonce alors littéralement sur le chat en espérant qu'il lâche son butin dans la fuite.renardeauAs-tu déjà été confronté à des situations atypiques, as-tu des anecdotes ?Il arrive parfois des rencontres inoubliables qui marquent à jamais la mémoire. Comme cette fin d'une belle après-midi de septembre, ou un jeune renard en phase d'émancipation s'est dirigé volontairement sur moi pour m'observer de longues minutes à seulement quelques mètres de moi, alors que je me tenais debout en plein milieu de la prairie…Selon "Fabien Gréban", quelles sont les caractéristiques d’une photo réussie ?Selon moi, une photo réussie doit faire passer une émotion, elle doit inciter à l'évasion, au rêve. J'aime particulièrement les photos d'ambiance où l'animal évolue dans une grande étendue sauvage. J'ai ainsi été particulièrement touché par les photos de Jim Brandenburg au festival de Montier en der en 2008. Une référence pour moi.herminePouvez-vous nous donner votre actualité à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?Mon année 2010 s'annonce bien fournie en expositions. Tout d'abord, j'exposerai pour la 3eme fois consécutive au salon de la photographie animalière de Saint-Jean de Losne, en Bourgogne, les 12, 13 et 14 mars. Ensuite, ce sera Tignécourt en Lorraine, où j'exposerai avec Jérôme Salvi les 10 et 11 avril dans le cadre des rencontres Natur'images. Deux semaines plus tard, les 24 et 25 avril, ce seront les 2emes rencontres Imagesnature au Vaudioux, dans le Jura. Enfin, les 5, 6 et 7 novembre, j'exposerai au salon de la photographie nature de Longecourt en plaine, en Bourgogne.Pour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs ?Merci à Photovore de m'avoir proposé cette interview. Je ne peux que vous encourager à poursuivre la rédaction de ce webzine qui ne manque pas de qualités.Voir le site du photographe animalier Fabien Gréban : Jura sauvage photographies.




Avatar de P h o n a l y s
8 févr. 2010 à 22h02
Joli portfolio ;)
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Avatar de Franck
5 août 2010 à 07h26
Sympa de te lire Fabien... :)
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Avatar de bodusseau
5 janv. 2012 à 08h50
Bonjour,
Je suis sans emploi,j'ai une passion las animaux et il y as deux ans en arrière je m'étais acheter un appareil jetable et la j'ai commencer à photographiée une poule d'eau,chevreuil,et depuis j'ai acheter un numérique,j'ai chevreuils,buses renards,biches,blaireau,écureuils etc,je voudrais devenir photographe professionnel sur les animaux ou m'adresser pour trouver cette emploi.merci de m'aider.
2  + -
Avatar de Monhonvalle Jean-Jacques
26 mars 2012 à 08h14
Superbes images, passion partagée?
Bravo pour les jeux de lumière.
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