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Suite à la très intéressante interview du photographe animalier David Allemand, je vous propose de découvrir cette semaine un autre photographe animalier tout aussi passionné, Franck Lesueur. Amoureux de la photo, mais aussi de la nature, Franck Lesueur arpente la Normandie et immortalise des moments de nature uniques. Depuis plus de vingt ans, Franck se passionne pour la photographie et vous apporte son point de vue, ses conseils et sa vision de la photographie animalière.Bonjour Franck, la photographie une réelle passion, d’où vient-elle ?A l’âge de 16 ans j’ai vu une projection de diapos et j’ai été complètement fasciné. Mon premier achat a donc été un projecteur. J’utilisais l’appareil familial (un compact) pour « alimenter » le Prestinox. Peu satisfait de la qualité des dias, j’ai acheté mon premier réflex, un FUJICA AX-3 et son 50 mm. J’ai suivi par la suite des cours par correspondance en photo (CAP photo) afin d’approfondir mes connaissances. J’ai fréquenté très assidument un magasin photo de ma région, ma « seconde maison », comme le définissaient mes parents. Tout s’est enchainé ; le labo noir et blanc et couleurs (cibachrome) sur la baignoire de la salle de bain, le matériel à également très vite évolué, j’ai acheté mon premier NIKON (Nikon FA) et plus de 20 ans après je suis resté fidèle à la marque !
D’où provient cette attirance pour la nature et la photographie animalière ?
J’ai toujours aimé la nature et plus particulièrement la montagne. Dès mes débuts photo je me suis naturellement orienté vers le milieu montagnard, avec ses bouquetins et ses marmottes. Problème : s’était seulement pendant les grandes vacances ! Dès que j’ai été « motorisé » (à 18 ans) je me suis donc tourné vers le plus proche milieu naturel près de chez moi : La baie de Seine. Dans les marais j’ai fait la connaissance d’un photographe animalier, Philippe Sabine… et voilà c’était parti !! Et près de 20 ans après je suis toujours autant passionné.Vivez-vous dorénavant de votre passion, la photo ?Difficile aujourd’hui de vivre de la photo de nature… J’ai vécu pendant 5 ans de la photo en tant que vendeur et photographe dans un magasin, je faisais tout ce qui passait : mariage, portrait, industrie etc. Loin de la photo de nature… 5 ans de disette ! J’ai eu l’opportunité de quitter ce job pour un travail qui me laissait plus de temps. J’ai enfin pu reprendre ma passion. Il y a 3 ans, j’ai participé à la construction de l’agence Naturimages. A cette occasion, je suis devenu auteur photographe mais plus qu’un salaire, ces revenus permettent plutôt de financer en partie matériel et voyage. Impossible d’en vivre et de faire vivre une famille.Pourquoi si peu de photographes animaliers ou de nature vivent de leur passion ?L’âge d’or est-il passé ? Beaucoup de photographes pros doivent aujourd’hui, pour survivre, avoir une activité annexe. Pourquoi ? L’offre s’est considérablement élargie, beaucoup d’amateurs proposent leurs photos à la vente, la concurrence est rude. Les éditeurs, la presse ont des budgets de plus en plus serrés. Sans compter quelques agences (microstocks) qui vendent la photo à 1 €. Impossible d’en vivre dans de telles conditions.
Pouvez-vous nous parler de votre région, votre espace de photographie ?Je vis en Normandie. Plusieurs biotopes s’offrent aux photographes. Dans le bocage normand, il est encore possible de croiser chevreuils, lièvres, perdrix, renards etc. En Baie de Seine, malgré la pression de la chasse et de l’industrie, on peut encore trouver quelques oiseaux inféodés aux marais. Dernière opportunité, le littoral et ses oiseaux pélagiques.
Quels matériels photos utilisez-vous et comptez-vous évoluer ?En 2005, j’ai basculé en numérique. Fidèle à Nikon, je possède une gamme d’objectifs qui s’étant du fisheyes 10,5 mm au 500 mm. Chaque objectif répond à un besoin. Le 500 mm pour les oiseaux et les espèces délicates, le 300 mm F/2,8 pour le sous bois et la montagne et le petit zoom 70-200 F/2,8 pour les ambiances. Le numérique a grandement facilité le travail : accès aux hautes sensibilités, déclenchements à volonté… Pour l’instant, j’ai acheté tous mes boitiers dans un magasin près de chez moi, ce qui permet d’avoir un interlocuteur en cas de soucis techniques. Pour le reste, optiques, accessoires, la chasse aux prix me mène souvent sur internet !Propriétaire du Nikon D300, selon vous, quels sont les avantages et inconvénients de cet appareil ?Le Nikon D300 est un super boîtier. Construction solide, joints étanches, grand viseur, AF précis et rapide, une très bonne gestion des hautes sensibilités. Bref, il a quasiment tout d’un boitier pro pour un prix nettement plus abordable. Même si un jour je passe au plein format, le D300 restera mon second boîtier, fidèle compagnon de route !Quels matériels informatiques, accessoires, logiciels, utilisez vous en reportage ou hors reportage ?J’utilise plusieurs ordinateurs. A la maison, le PC fixe, avec écran calibré, me sert pour l’éditing (avec ViewNx), le traitement (avec Capture NX) et le stockage des images sur plusieurs disques durs internes et externes. J’utilise également Photoshop pour fignoler certaines photos. Sur le terrain j’emporte depuis peu, un Netbooks. Très pratique pour le premier tri, le stockage et, petit plus suivant les endroits ou l’on se trouve, la connexion internet.Une batterie d’accessoires complètes le sac à dos : accus, monopode, trépied carbone, rotule Dietmar, plusieurs cartes mémoires de 4 à 8Go, quelques filtres (polarisant et dégradé gris), déclencheur à distance, housse pour la pluie, petit filet de camo, etc.
Est-il plus intéressant d’investir dans un 70-200mm f/2.8 avec téléconvertisseur, plus que dans un 150-500mm f/5-6.3, et pourquoi ?Ni l’un ni l’autre… Pour débuter, je conseille toujours la même optique : un 300mm F/4. Polyvalent, maniable, de très bonne qualité, il supporte même un multiplicateur X 1.4. Même si plus tard on évolue vers une focale plus longue, ce petit 300 servira toujours. De plus, on peut le trouver assez facilement d’occasion.Quel est, selon vous, l’objectif idéal pour la photographie animalière ?
Il n’y en a pas. Tout dépend de son domaine de prédilection. Par exemple, le spécialiste des papillons et autres insectes va s’orienter vers un objectif macro. A contrario du photographe d’oiseaux qui choisira une longue focale. Donc, encore une fois, tout dépend de ses sujets et de ses besoins.Jusqu’à quel point vous autorisez-vous à retoucher vos photos ?Je retouche très peu mes photos. Je resserre les niveaux, un peu d’accentuation et quelques retouches cosmétiques : saturation, balance de couleurs, recadrages… Je ne fais aucun montage ni bidouillage de quelques sortes.Développez-vous certaines de vos photos sur papier et par quel service ?Oui, je fais faire souvent des tirages par des labos. Soit en agrandissement traditionnel argentique par Photoweb, soit en tirage jet d’encre (grand format) par un magasin près de chez moi : Créapolis.
Quelle est votre approche préférée, la billebaude ou l’affût ?Tout dépend du sujet et du terrain… J’utilise et j’apprécie les deux techniques. La billebaude c’est le bonheur de fureter le nez au vent, d’écouter et de vivre la nature, d’être libre dans ses mouvements et ses approches, le plaisir à l’état pur. Mais il faut bien l’avouer, cette technique est souvent moins efficace et surtout engendre des dérangements sur certaines espèces. Dans ces conditions, L’affût fixe s’impose. C’est une technique beaucoup plus longue à mettre en place, il faut du temps pour le repérage et l’installation. L’affût fixe est souvent synonyme de succès, sans stress pour l’animal, quand il est réalisé dans les règles de l’art.Il faut adapter la technique au terrain et à l’espèce convoitée : affût dôme, affût flottant, simple filet de camouflage, abris naturel, voiture, tout est possible.
Vos photos sont distribuées par l’agence Naturimages, comment se déroule cette collaboration ?Naturimages est une jeune agence (2007) menée par une équipe sympathique et dynamique : Alexandre, Anne Laure, Christophe et ma pomme. Son atout premier est la réactivité par rapport aux demandes des clients et son relationnel avec ses « photographes ».La collaboration se déroule de façon traditionnelle, après avoir légendé chaque image (c'est-à-dire renseigner tous les champs IPTC), je les envoie par DVD en haute définition à l’agence. Une sélection est faite par l’équipe, suivant les besoins, pour les mettre en ligne sur le site et les commercialiser.De magnifiques photos d’Hérons et de Martins pêcheurs, quels conseils donneriez-vous pour les approcher ?Toutes les photos de hérons sur mon site ont été réalisées en affût flottant. L’avantage de cet affût est l’immersion dans l’univers de l’oiseau. Le héron se méfie moins de cette forme incongrue au milieu de l’étang, l’approche est plus facile.Pour le martin pêcheur, c’est une autre paire de manche… Il faut beaucoup d’observation : repérer ses habitudes, ses perchoirs et ensuite mettre en place un affût.
Quels sont les cinq règles ou conseils que vous donneriez aux lecteurs de Photovore pour réussir une bonne photo ?
La connaissance du terrain; La connaissance de l’espèce convoitée; La parfaite maîtrise de son matériel; La patience; Et surtout la passion.Que pensez-vous et quel regard avez-vous sur la photographie d’aujourd’hui ?La photo nature a beaucoup évolué ces dernières années, tant du côté technique qu’esthétique. La multiplication des festivals et des expos permet la rencontre entre les photographes et les quidams de la nature. Les gens s’intéressent de plus en plus à la nature et par conséquence à la photo de nature. Tant mieux.Constatez-vous une dégradation de la biodiversité et de l’environnement ?L’écologie a le vent en poupe en ce moment. Les mentalités changent, la prise de conscience se généralise. Mais espérons de tout cœur qu’elle n’arrive pas trop tard. On assiste un peu partout à une régression, souvent rapide, de notre environnement. Les causes sont bien évidemment connues : surconsommation, mauvaises méthodes d’exploitation agricole, mauvaise gestion des ressources, destructions de nombreux biotopes, etc. La liste est longue malheureusement.
Je pense et j’espère que la photo de nature à un rôle à jouer. Elle permet de sensibiliser les personnes aux richesses qui se trouvent souvent à notre porte. La connaissance est le premier pas vers le respect.
Même si cette question reste difficile, quelle est votre photo préférée, votre plus beau souvenir ?J’ai, comme beaucoup de photographes, quelques images qui collent à la peau. Je peux citer par exemple ce Blongios nain, perché dans les roseaux ; ou encore ce bouquetin, stoïque sous une tempête de neige… Mais je pense surtout, que les plus belles, sont celles qui sont restées dans la tête, faute de déclenchement au bon moment !Quel scène animalière ou de nature rêveriez-vous d’immortaliser ?Je n’ai pas particulièrement envie d’immortaliser telle ou telle espèce. Peu importe le sujet, seul compte le plaisir du moment et la satisfaction de la belle image.Selon "Franck Lesueur", quelles sont les caractéristiques d’une photo réussie ?Plus qu’une photo nette, bien cadrée, dans les règles de l’art, je préfère une photo qui dégage une émotion, un plaisir visuel. La photo qui m’interpelle, m’attire, me dérange, m’accroche, me « scotche » me fait dire : ouahhhh (!!!) à toutes les chances d’avoir gagné son pari…Comment voyez-vous la suite de votre aventure en tant que Photographe ?J’espère continuer à errer au gré de mes envies photo, de prendre toujours autant de plaisir, de partager et découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles régions. Le plaisir et le partage sont mon moteur, ma motivation, tout simplement.
Pouvez-vous nous donner votre actualité à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?J’ai une actualité assez chargée. Pour le long terme je travaille assidument sur l’Europe. Vaste sujet ! Je ne souhaite pas « visiter » chaque pays, mais plutôt faire ressortir ses multiples visages de nature encore intacts. Le but final étant bien sûr un livre… Je m’y attelle. Cette année, plusieurs voyages sont prévus : les pays de l’Est, l’Ecosse, l’Italie… Suivront l’année prochaine les pays nordiques.Je viens de participer également au salon de la photo animalière du Val de Saône et ayant reçu le 2ème prix du public, je m’y recolle l’année prochaine. Il ne reste plus qu’à trouver, l’idée, le fil conducteur de cette prochaine expo… Et tout le reste, mais j’en garde encore la primeur…
Pour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs ?Je l’avoue, votre demande d’interview m’a permis de découvrir le site. Allez hop, dans mes favoris. Photovore est un webzine (merci de m’avoir appris son nouveau terme) généraliste très complet sur le monde de la photo. Actu, matériel, partage entre photographes, forum photo, annuaire photo, etc. Photovore remplie parfaitement son rôle, félicitation à toute l’équipe et longue vie.Merci Franck pour cette interview très intéressante et enrichissante, nous vous souhaitons de pouvoir concrétiser tous vos projets... Voir le site de Franck Lesueur : Photoceane.
D’où provient cette attirance pour la nature et la photographie animalière ?
J’ai toujours aimé la nature et plus particulièrement la montagne. Dès mes débuts photo je me suis naturellement orienté vers le milieu montagnard, avec ses bouquetins et ses marmottes. Problème : s’était seulement pendant les grandes vacances ! Dès que j’ai été « motorisé » (à 18 ans) je me suis donc tourné vers le plus proche milieu naturel près de chez moi : La baie de Seine. Dans les marais j’ai fait la connaissance d’un photographe animalier, Philippe Sabine… et voilà c’était parti !! Et près de 20 ans après je suis toujours autant passionné.Vivez-vous dorénavant de votre passion, la photo ?Difficile aujourd’hui de vivre de la photo de nature… J’ai vécu pendant 5 ans de la photo en tant que vendeur et photographe dans un magasin, je faisais tout ce qui passait : mariage, portrait, industrie etc. Loin de la photo de nature… 5 ans de disette ! J’ai eu l’opportunité de quitter ce job pour un travail qui me laissait plus de temps. J’ai enfin pu reprendre ma passion. Il y a 3 ans, j’ai participé à la construction de l’agence Naturimages. A cette occasion, je suis devenu auteur photographe mais plus qu’un salaire, ces revenus permettent plutôt de financer en partie matériel et voyage. Impossible d’en vivre et de faire vivre une famille.Pourquoi si peu de photographes animaliers ou de nature vivent de leur passion ?L’âge d’or est-il passé ? Beaucoup de photographes pros doivent aujourd’hui, pour survivre, avoir une activité annexe. Pourquoi ? L’offre s’est considérablement élargie, beaucoup d’amateurs proposent leurs photos à la vente, la concurrence est rude. Les éditeurs, la presse ont des budgets de plus en plus serrés. Sans compter quelques agences (microstocks) qui vendent la photo à 1 €. Impossible d’en vivre dans de telles conditions.
Pouvez-vous nous parler de votre région, votre espace de photographie ?Je vis en Normandie. Plusieurs biotopes s’offrent aux photographes. Dans le bocage normand, il est encore possible de croiser chevreuils, lièvres, perdrix, renards etc. En Baie de Seine, malgré la pression de la chasse et de l’industrie, on peut encore trouver quelques oiseaux inféodés aux marais. Dernière opportunité, le littoral et ses oiseaux pélagiques.
Quels matériels photos utilisez-vous et comptez-vous évoluer ?En 2005, j’ai basculé en numérique. Fidèle à Nikon, je possède une gamme d’objectifs qui s’étant du fisheyes 10,5 mm au 500 mm. Chaque objectif répond à un besoin. Le 500 mm pour les oiseaux et les espèces délicates, le 300 mm F/2,8 pour le sous bois et la montagne et le petit zoom 70-200 F/2,8 pour les ambiances. Le numérique a grandement facilité le travail : accès aux hautes sensibilités, déclenchements à volonté… Pour l’instant, j’ai acheté tous mes boitiers dans un magasin près de chez moi, ce qui permet d’avoir un interlocuteur en cas de soucis techniques. Pour le reste, optiques, accessoires, la chasse aux prix me mène souvent sur internet !Propriétaire du Nikon D300, selon vous, quels sont les avantages et inconvénients de cet appareil ?Le Nikon D300 est un super boîtier. Construction solide, joints étanches, grand viseur, AF précis et rapide, une très bonne gestion des hautes sensibilités. Bref, il a quasiment tout d’un boitier pro pour un prix nettement plus abordable. Même si un jour je passe au plein format, le D300 restera mon second boîtier, fidèle compagnon de route !Quels matériels informatiques, accessoires, logiciels, utilisez vous en reportage ou hors reportage ?J’utilise plusieurs ordinateurs. A la maison, le PC fixe, avec écran calibré, me sert pour l’éditing (avec ViewNx), le traitement (avec Capture NX) et le stockage des images sur plusieurs disques durs internes et externes. J’utilise également Photoshop pour fignoler certaines photos. Sur le terrain j’emporte depuis peu, un Netbooks. Très pratique pour le premier tri, le stockage et, petit plus suivant les endroits ou l’on se trouve, la connexion internet.Une batterie d’accessoires complètes le sac à dos : accus, monopode, trépied carbone, rotule Dietmar, plusieurs cartes mémoires de 4 à 8Go, quelques filtres (polarisant et dégradé gris), déclencheur à distance, housse pour la pluie, petit filet de camo, etc.
Est-il plus intéressant d’investir dans un 70-200mm f/2.8 avec téléconvertisseur, plus que dans un 150-500mm f/5-6.3, et pourquoi ?Ni l’un ni l’autre… Pour débuter, je conseille toujours la même optique : un 300mm F/4. Polyvalent, maniable, de très bonne qualité, il supporte même un multiplicateur X 1.4. Même si plus tard on évolue vers une focale plus longue, ce petit 300 servira toujours. De plus, on peut le trouver assez facilement d’occasion.Quel est, selon vous, l’objectif idéal pour la photographie animalière ?
Il n’y en a pas. Tout dépend de son domaine de prédilection. Par exemple, le spécialiste des papillons et autres insectes va s’orienter vers un objectif macro. A contrario du photographe d’oiseaux qui choisira une longue focale. Donc, encore une fois, tout dépend de ses sujets et de ses besoins.Jusqu’à quel point vous autorisez-vous à retoucher vos photos ?Je retouche très peu mes photos. Je resserre les niveaux, un peu d’accentuation et quelques retouches cosmétiques : saturation, balance de couleurs, recadrages… Je ne fais aucun montage ni bidouillage de quelques sortes.Développez-vous certaines de vos photos sur papier et par quel service ?Oui, je fais faire souvent des tirages par des labos. Soit en agrandissement traditionnel argentique par Photoweb, soit en tirage jet d’encre (grand format) par un magasin près de chez moi : Créapolis.
Quelle est votre approche préférée, la billebaude ou l’affût ?Tout dépend du sujet et du terrain… J’utilise et j’apprécie les deux techniques. La billebaude c’est le bonheur de fureter le nez au vent, d’écouter et de vivre la nature, d’être libre dans ses mouvements et ses approches, le plaisir à l’état pur. Mais il faut bien l’avouer, cette technique est souvent moins efficace et surtout engendre des dérangements sur certaines espèces. Dans ces conditions, L’affût fixe s’impose. C’est une technique beaucoup plus longue à mettre en place, il faut du temps pour le repérage et l’installation. L’affût fixe est souvent synonyme de succès, sans stress pour l’animal, quand il est réalisé dans les règles de l’art.Il faut adapter la technique au terrain et à l’espèce convoitée : affût dôme, affût flottant, simple filet de camouflage, abris naturel, voiture, tout est possible.
Vos photos sont distribuées par l’agence Naturimages, comment se déroule cette collaboration ?Naturimages est une jeune agence (2007) menée par une équipe sympathique et dynamique : Alexandre, Anne Laure, Christophe et ma pomme. Son atout premier est la réactivité par rapport aux demandes des clients et son relationnel avec ses « photographes ».La collaboration se déroule de façon traditionnelle, après avoir légendé chaque image (c'est-à-dire renseigner tous les champs IPTC), je les envoie par DVD en haute définition à l’agence. Une sélection est faite par l’équipe, suivant les besoins, pour les mettre en ligne sur le site et les commercialiser.De magnifiques photos d’Hérons et de Martins pêcheurs, quels conseils donneriez-vous pour les approcher ?Toutes les photos de hérons sur mon site ont été réalisées en affût flottant. L’avantage de cet affût est l’immersion dans l’univers de l’oiseau. Le héron se méfie moins de cette forme incongrue au milieu de l’étang, l’approche est plus facile.Pour le martin pêcheur, c’est une autre paire de manche… Il faut beaucoup d’observation : repérer ses habitudes, ses perchoirs et ensuite mettre en place un affût.
Quels sont les cinq règles ou conseils que vous donneriez aux lecteurs de Photovore pour réussir une bonne photo ?
La connaissance du terrain; La connaissance de l’espèce convoitée; La parfaite maîtrise de son matériel; La patience; Et surtout la passion.Que pensez-vous et quel regard avez-vous sur la photographie d’aujourd’hui ?La photo nature a beaucoup évolué ces dernières années, tant du côté technique qu’esthétique. La multiplication des festivals et des expos permet la rencontre entre les photographes et les quidams de la nature. Les gens s’intéressent de plus en plus à la nature et par conséquence à la photo de nature. Tant mieux.Constatez-vous une dégradation de la biodiversité et de l’environnement ?L’écologie a le vent en poupe en ce moment. Les mentalités changent, la prise de conscience se généralise. Mais espérons de tout cœur qu’elle n’arrive pas trop tard. On assiste un peu partout à une régression, souvent rapide, de notre environnement. Les causes sont bien évidemment connues : surconsommation, mauvaises méthodes d’exploitation agricole, mauvaise gestion des ressources, destructions de nombreux biotopes, etc. La liste est longue malheureusement.
Je pense et j’espère que la photo de nature à un rôle à jouer. Elle permet de sensibiliser les personnes aux richesses qui se trouvent souvent à notre porte. La connaissance est le premier pas vers le respect.
Même si cette question reste difficile, quelle est votre photo préférée, votre plus beau souvenir ?J’ai, comme beaucoup de photographes, quelques images qui collent à la peau. Je peux citer par exemple ce Blongios nain, perché dans les roseaux ; ou encore ce bouquetin, stoïque sous une tempête de neige… Mais je pense surtout, que les plus belles, sont celles qui sont restées dans la tête, faute de déclenchement au bon moment !Quel scène animalière ou de nature rêveriez-vous d’immortaliser ?Je n’ai pas particulièrement envie d’immortaliser telle ou telle espèce. Peu importe le sujet, seul compte le plaisir du moment et la satisfaction de la belle image.Selon "Franck Lesueur", quelles sont les caractéristiques d’une photo réussie ?Plus qu’une photo nette, bien cadrée, dans les règles de l’art, je préfère une photo qui dégage une émotion, un plaisir visuel. La photo qui m’interpelle, m’attire, me dérange, m’accroche, me « scotche » me fait dire : ouahhhh (!!!) à toutes les chances d’avoir gagné son pari…Comment voyez-vous la suite de votre aventure en tant que Photographe ?J’espère continuer à errer au gré de mes envies photo, de prendre toujours autant de plaisir, de partager et découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles régions. Le plaisir et le partage sont mon moteur, ma motivation, tout simplement.
Pouvez-vous nous donner votre actualité à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?J’ai une actualité assez chargée. Pour le long terme je travaille assidument sur l’Europe. Vaste sujet ! Je ne souhaite pas « visiter » chaque pays, mais plutôt faire ressortir ses multiples visages de nature encore intacts. Le but final étant bien sûr un livre… Je m’y attelle. Cette année, plusieurs voyages sont prévus : les pays de l’Est, l’Ecosse, l’Italie… Suivront l’année prochaine les pays nordiques.Je viens de participer également au salon de la photo animalière du Val de Saône et ayant reçu le 2ème prix du public, je m’y recolle l’année prochaine. Il ne reste plus qu’à trouver, l’idée, le fil conducteur de cette prochaine expo… Et tout le reste, mais j’en garde encore la primeur…
Pour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs ?Je l’avoue, votre demande d’interview m’a permis de découvrir le site. Allez hop, dans mes favoris. Photovore est un webzine (merci de m’avoir appris son nouveau terme) généraliste très complet sur le monde de la photo. Actu, matériel, partage entre photographes, forum photo, annuaire photo, etc. Photovore remplie parfaitement son rôle, félicitation à toute l’équipe et longue vie.Merci Franck pour cette interview très intéressante et enrichissante, nous vous souhaitons de pouvoir concrétiser tous vos projets... Voir le site de Franck Lesueur : Photoceane. |
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