La photo vue par Ludmila Espiaube

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Publié le 23/02/2009

Cette semaine, je vous propose de découvrir le travail photographique de Ludmila Espiaube. Photographe amateur au talent incontestable, Ludmila originaire d’Azerbaïdjan, répond à notre interview. Captivée par la nature et les grands espaces, Ludmila immortalise des paysages magnifiques des États-Unis, à l’Australie en passant par la Nouvelle Zélande. Ludmila partage avec nous sa passion pour la photo et vous dévoile son parcours et ses conseils, toujours utiles.Bonjour Ludmila, la photographie une réelle passion, d’où vient-elle ?Bonjour Maxime ! J’ai toujours été fascinée par Dame Nature. Gamine, en URSS, je collectionnais images, cartes postales et timbres de paysages, faune ou flore. Mais je n’ai jamais vu un appareil photo de près – un privilège réservé à quelques happy few et aux portraitistes officiels dans mon pays. En arrivant en France fin 1986 je me suis approprié le Canon EF de mon mari et shootais à tout va les endroits qu’il me faisait découvrir. De la photo souvenir type, un peu pour moi, beaucoup pour envoyer à ma famille et mes amis qui ne sont jamais sortis de l’Union Soviétique. Peu de temps après les obligations professionnelles de mon mari nous ont emmenés à l’autre bout du monde. Pour partager mes émotions et mon émerveillement la photographie s’est imposée d’elle-même.AustralieLa rencontre avec un architecte singapourien, passionnée de photographie, a bouleversé ma vision et mes habitudes photographiques. Nous avons visité les mêmes endroits en Nouvelle Zélande et Australie dans des conditions climatiques et saisonnières semblables mais nos images étaient tellement différentes.  Sous l’effet de son enthousiasme communicatif mon intérêt pour la photo est devenu une passion. Encore me fallait-il combler mon manque de technique pour espérer mettre réellement en valeur ce que je voyais. Les revues spécialisées, les livres des grands photographes paysagistes anglo-saxons, des expositions, conférences, stages tout était bon pour apprendre la technique, former et affiner mon regard. J’ai abandonné définitivement le négatif pour passer directement à la Velvia, en notant scrupuleusement tous les paramètres de prise de vue (les Exifs n’existaient pas encore) pour comprendre et éviter à l’avenir mes erreurs. Chaque progrès me permettait de libérer mon regard et me donnait envie d’aller plus loin.Pouvez-vous nous parler de votre région et de ses espaces photographiques ?Rhône-Alpes, une région lourdement industrialisée et dense démographiquement. Et pourtant, depuis notre retour en France et une vie plus sédentaire, je ne me lasse pas de l’explorer. Montagnes et vallées, lacs et cours d’eau, forêts et tourbières – les biotopes sont variés et photogéniques. Le Bugey, la Haute Vallée de l’Ain, la Chartreuse, le parc naturel régional de Pilat, les Monts du Lyonnais, le Vercors, la Belledonne sont à 1 heure, 1h30 de Lyon.photo de paysageMoins sauvages mais plus près - Parc de la Tête d’Or, Grand Parc Miribel-Jonage, La Dombes, ses étangs et son Parc des Oiseaux. Les destinations et les sujets ne manquent pas, tout est question du temps dont on dispose.Quel est votre statut de photographe ? Pouvez-vous vivre dorénavant de votre passion ?photo bord de merJ’ai un noble statut d’amateur passionné et je n’ai pas l’intention de le changer ;). Être libre dans le choix de mes sujets, photographier uniquement ce qui me plaît, aller où bon me semble est mon petit luxe. Le marché de la photographie nature arrive à son point de saturation et je n’ai ni le temps, ni envie, ni de sens commercial pour y jouer des coudes et m’y faire une place. Bien sûr être publiée est toujours un rêve et serait une sorte de consécration. Surtout il y aurait le bonheur d’avoir réussi à partager mes émotions et mon émerveillement du monde qui nous entoure et le besoin de protéger notre merveilleux patrimoine commun. L’aspect financier pour important qu’il serait ne vient que loin derrière.Selon vous, comment peut-on se faire remarquer dans ce style de photographie si concurrentiel ?Ha ! Si je le savais je l’aurais déjà fait ;) Dur, dur de se faire remarquer. Même être une femme dans cet univers masculin ne suffit pas. Mais je peux vous dire comment je choisi mes favoris. En trois mots – émotion, innovation, esthétisme. Il faut qu’une image me fasse vibrer, rêver, sentir une ambiance, le sujet importe peu voir pas du tout. Dans les débuts j’ai participé à un certain nombre de concours et fait quelques expositions. Mais cela revient assez cher et même si mes résultats dans certains concours ont été honorables cela n’a pas eu de suite. Peut être était ce trop tôt. C’est un peu pour cela que j’ai décidé de créer mon site. A défaut de notoriété il semble, à en juger par les visites de plus en plus nombreuses, que ma perception de la nature est partagée.Quels matériels photos utilisez-vous et comptez-vous évoluer ?En 1995 j’ai eu mon premier appareil reflex autofocus Minolta 500 Super. En 1999, suite à la rencontre dont je parlais plus tôt, je passe dans une autre dimension, celle de moyen format avec Mamiya 7 II. Les débuts sont laborieux, la visée télémétrique est difficile à apprivoiser, mais c’est un plaisir incomparable que de voir mes diapos 6 x 7 sur la table lumineuse. Malheureusement la frustration arrive au même moment ; un projecteur au format 6x7 est rare et financièrement hors de ma portée ; les tirages, tout en faisant des trous béants dans mon budget, sont décevants même en passant par des labos pros. Mais je persiste et je l’utilise en parallèle avec Minolta Dynax 7 acquis en 2002. La révolution numérique arrive, Minolta disparaît, et fin 2006 j’ai mon premier et tant attendu reflex numérique Sony Alpha 100. Je ne me suis même pas posé la question de changement de marque – compatibilité et stabilisation de tous les objectifs m’ont décidée, en plus, remplacer tout ce que j’avais comme optiques et accessoires Minolta par une autre marque était au-dessus de mes moyens. Au bout de quelques mois d’utilisation épisodique (je continue l’argentique et le moyen format pour leurs objectifs grands-angles – 20-35mm/2.8 ATX PRO de Tokina en 24x36 et 50mm/4.5 en 6x7) boîtier montre ses limites dans l’utilisation des sensibilités au-delà de 200 iso et des temps de pose plus de 30 sec sans parler du bruit infernal de son obturateur et des pixels chauds. Mais je suis contaminée. La possibilité de visionner mes photos immédiatement et modifier mes réglages et/ou mes cadrages, ajuster la sensibilité pour chaque déclenchement est devenue indispensable, je ne peux plus m’en passer.En juin 2008 j’achète mon premier boîtier d’occasion, Sony Alpha 700, le tout nouveau 70-200mm/2.8 de Sony et 10-20mm/4-5.6 de Sigma en remplacement d’objectifs volés quelques mois auparavant et (coup de chance) retrouvés quelques mois plus tard. Pour le moment je n’envisage pas d’autres acquisitions, je pense qu’en jonglant avec argentique et numérique je peux faire face à toutes les situations même si le nouveau Zeiss 16-35mm/2.8 me fait les yeux doux. Étant Sony-Minolta il m’est difficile de faire jouer la concurrence dans les magasins. Peu nombreux sont ceux qui font cette marque. Donc j’achète par Internet mais pas forcement au prix le plus bas, c’est le sérieux et la réputation de l’enseigne qui comptent le plus.Quels matériels informatiques, accessoires, logiciels, utilisez-vous ?Parce que notre premier ordinateur familial a été un PC nous avons continué ainsi et je travaille donc sous Window XP. Je fais un premier tri avec Adobe Bridge, qui me permet aussi d’attribuer des mots-clés à chaque image. Je développe les survivantes avec Camera Raw. Si je pense publier une sur un forum ou afficher sur mon site, je peaufine et finalise l’image sélectionnée dans Photoshop CS3. Je sauvegarde le tout sur le disque dur interne plus une copie sur un disque externe. Je conserve mes diapositives dans des pochettes Panodia à l’abri de la lumière. Mais je ne sais si je suis un bon exemple et si cela est suffisant.En partant en randonnée (je n’en fais pas sur plusieurs jours), j’emmène toutes mes cartes, 8Go au total (sait on jamais), deux boîtiers, quatre batteries (deux pour chaque boîtier), les filtres polarisants pour chaque objectif, filtres gris dégradés et obligatoirement le trépied, je ne sais plus faire des photos sans. En partant en voyage ou en vacances, c’est plus simple, je prends tout, dans deux sacs Mini- Trekker de Lowepro, surtout pour ne rien laisser au hasard d’un cambriolage, plus PC portable de mon mari ou de mon fils, petit disque dur de 100Go et mon disque externe de 500Go.Dans quels pays avez-vous ressenti le plus de plaisir à photographier, la Nouvelle Zélande peut-être ?AsiePartout, aux États-Unis, en Nouvelle Zélande, en France mais c’est en Australie que j’ai découvert le plaisir de me retrouver seule sans peur ni appréhension, enveloppée par immensité de ce pays et de son ciel étoilé, en guettant les premiers signes de réveil du monde animal, peu farouche et fascinant, en attendant les premières lueurs du jour. C’est sûr que l’absence de grands prédateurs, la faible densité de population, donc peu de délinquance en dehors des villes, ont rendu ces expériences en Australie et en Nouvelle Zélande particulièrement mémorables. De retour en France j’ai mis un moment avant de me décider à faire de même, et ce n’est pas du monde animal que venait cette hésitation. Et au final j’ai eu des moments tout aussi uniques et exaltants sur les crêtes de Jura, Hauts plateaux de Vercors ou les cols de Pyrénées.Comment se déroule une journée de reportage photo, avant, pendant et après celui-ci ?Le plus souvent je pars sur un coup de tête en éprouvant une envie irrésistible d’échapper à la ville, à la routine, de me retrouver seule dans la Nature. Je me suis quand même préparé une liste : trépied, batteries, cartes, pellicules, lampe frontale et ses piles, cartes IGN, téléphone portable, casse-croûte, l’eau, gants, bonnet, lunettes de soleil, serviettes humides, tissus optique pour nettoyer les filtres, des bonnets de douche (protection rapide, peu chère et légère en cas de pluie), une petite serviette propre pour essuyer le boîtier, chaussures de marche, deuxième jeu de clés pour la voiture, les moyens de paiement si je prends l’autoroute, le plein, un ou deux sacs en plastique pour les déchets. Si je connais déjà l’endroit visé un rapide coup d’œil sur la météo et en avant. Dans le cas contraire je consulte l’Internet, les guides, je demande des conseils aux copains. Une fois sur place je coupe le portable et j’attends la lumière en essayant de m’imprégner des lieux, de les sentir, cherchant des premiers plans intéressants, vérifiant des réglages, repérant les cadrages. Tout le reste n’existe plus, j’en oublie presque de manger et de boire. De retour à la maison je ne me précipite pas sur mon PC pour visionner les fruits de ma vadrouille. Je le fais lendemain ou surlendemain à tête reposée. La suite je vous l’ai déjà décrit plus haut.Le matériel photo (boîtier ou objectifs) est souvent très cher, comment évoluer sans se ruiner avec un reflex ?Je ne pense pas être de bon conseil dans ce domaine. D’abord parce que je suis une femme. Mes sujets (paysage et macro) et mes capacités physiques limitées m’évitent la tentation des gros objectifs, lourds physiquement et financièrement. Je ne suis pas une femme de bijoux et je n’aime pas les restaurants. Donc en tant que cadeau d’anniversaire, de Noël, etc, je n’espère et ne reçois que ce qui a un rapport avec ma passion. Par ailleurs, je ne suis pas adepte de, ce que j’appelle, la course à l’armement, je ne me jette pas sur toutes les nouveautés qui sortent. Je préfère attendre que les bugs soient réparés, les mises à jour faites et les prix baissent. Je n’achète uniquement si le besoin y est.Pouvez-vous donner quelques conseils aux lecteurs qui aimeraient faire de belle photo de paysage ?Avant de répondre à vos questions j’ai lu très attentivement toutes les interviews précédentes. Se lever tôt, se coucher tard, faire des repérages dans la journée etc. Tous ces conseils sont justes et censés. Je ne vais pas m’attarder là-dessus. Mais je voudrais les nuancer. A force de suivre ces conseils à la lettre on se retrouve rapidement avec une palanqué d’images des levers et des couchers de soleil qui se ressemblent. Personnellement je ne boude plus mon plaisir à faire une image au milieu de la journée. Un contre-jour, un puits de lumière par temps nuageux, peuvent donner des belles images si les éléments qui les composent sont graphiques et esthétiques.paysage de montagneJ’ai eu la chance de participer à un stage de deux jours de Galen Rowell, peu de temps avant sa tragique disparition. Pas de prises de vue, ni de critique des portfolios, juste le slideshow de ses photos avec des explications et le partage d’expérience. Depuis, avant chaque déclenchement je suis son conseil en me posant cette question : « Aimerais-je avoir un tableau sur un mur comme celui que je vois dans mon viseur ? » Et selon ma réponse je déclenche ou non. En ce qui concerne l’exposition, par mes habitudes argentiques, je travaille toujours ou presque en mode manuel. C’est moi qui choisis l’ouverture et la vitesse d’obturation selon le résultat désiré, mais tous les boîtiers modernes s’en sortent sans problème dans la plupart des situations.Pourquoi l’utilisation d’objectif grand angle est justifiée pour photographier un paysage ?couché de soleilAccentuer l’immensité d’un lieu, l’infini du ciel, l’ampleur d’un phénomène météo, modifier l’échelle, mettre en valeur un premier plan remarquable, aucun autre objectif ne peut égaler le grand angle dans ce domaine. Mais c’est un objectif qui demande une maîtrise technique certaine ainsi qu’un sens esthétique affirmé car sa capacité à englober un champ étendu peut vite rendre une composition trop chargée et peu lisible.Comment travaillez-vous pour réaliser vos images, vous partez simplement en balade ?Lors de nos ballades familiales je repère les endroits ou les éléments qui ont un potentiel et j’y retourne dès que possible, souvent avec une vague idée en tête, en prenant en compte la lumière et/ou conditions météo. Mais ça m’arrive aussi de partir sans rien de précis, juste avec une envie d’être dehors et là je cherche quelque chose qui m’inspire, je teste des nouvelles techniques.Et même si je n’ai rien trouvé et n’ai fais aucune image, je ne le regrette pas et je ne considère pas ces moments comme un temps perdu – j’ai pris un bol d’air frais et j’ai marché. Paradoxalement, depuis que je travaille en numérique je suis moins productive et plus exigeante avec moi-même. Souvent je ne rempli même pas une seule carte de 2Go.lumièreJe connais mon matériel et les différentes techniques, mais je n’ai pas d’inspiration, comment puis-je évoluer ?Là, j’ai du mal à comprendre. On peut être las, sans motivation, avoir l’impression de tourner en rond et faire toujours le même genre d’image, être découragé. Ces états d’esprit ne me sont pas inconnus. La photographie n’est pas comme l’écriture, pour avoir l’inspiration il faut être sur le terrain. Manquer d’idées c’est autre chose. Mais avec la multitude de magnifiques images qui circulent sur le net, des forums dédiés à la photographie, des superbes livres qui sortent tous les jours plus les festivals de la photo je me demande comment c’est possible. Il n’est nullement question de copier les images des autres mais à exercer son regard, à s’en inspirer.Que pensez-vous et quel regard avez-vous sur la photographie d’aujourd’hui ?russieAssez pessimiste. A chaque manifestation dédiée à la photographie Nature je constate avec amertume que la photographie de paysage est le parent pauvre de la photographie tout court. Elle n’est pas considérée comme un art, contrairement aux pays anglo-saxons, qui ont un culte des grandes espaces jusqu’à dans leur salon ou leur chambre à coucher, et n’a qu’une utilisation illustrative. La qualité des images publiées et de leur impression a baissé considérablement ces dernières années. Je pense, par exemple, au « Terre Sauvage », qui n’a plus rien de sauvage à part le nom. Par ailleurs, les images sont bradées sur le web et par les agences, les jeunes photographes talentueux ont du mal à percer, les plus expérimentés doivent se diversifier ou faire un autre métier en parallèle tout en serrant leur ceinture. Bref, ce n’est pas tout rose.Proche de la nature, de quelle façon contribuez-vous aux respects de l’environnement ?Je fais comme tout le monde, à ma petite échelle. Je trie méticuleusement les déchets, j’achète uniquement les fruits et les légumes de saison au marché chez les petits producteurs locaux, je fais une chasse au gaspillage d’électricité et d’eau et à la maison. Depuis 18 ans nous n’avons pas de baignoire et lors des récents travaux de rénovation nous avons décidé de ne pas l’installer. Je limite mes déplacement en voiture et même les sorties photos qui demandent des longs trajets. Je ne dépasse jamais la vitesse autorisée et je respecte toujours les limitations supplémentaires imposées lors de pics de pollution atmosphérique. Ne pas laisser des traces de mon passage sur les lieux de la prise de vue cela va de soi. Je ramasse aussi ce que je peux, laissé par les autres. J’essaye aussi d’inculquer toutes ces bases de civisme et de respect à mes deux enfants.Avez-vous déjà été confronté à des situations atypiques, des anecdotes ?Un épisode assez récent me vient à l’esprit. Fin août dernier je suis partie en Savoie dans l’après-midi afin de faire quelques images de coucher de soleil, dormir sur place, faire le lever de soleil, tout au même endroit, avant de récupérer mes enfants chez leurs amis dans le coin. En m’installant dans ma voiture pour dormir quelques heures j’ai verrouillé les portières et laissé les clés sur le contact. Le réveil de portable a sonné. Mal réveillée je suis sortie de la voiture pour me préparer un petit thé sur le camping gaz. En attendant je voulais faire une photo des Aiguilles d’Arves sous le ciel étoilé. Trépied est dans le coffre, je l’installe, mais le sac photo est dans « ma chambre à coucher ». Je tends la main pour ouvrir la portière et tout se bloque. Je reste comme paralysée pendant quelques minutes. Je me suis enfermée dehors, ma hantise de toujours est bien réelle cette fois ci. Personne à une dizaine de kilomètres à la ronde. Portable est bien dans la poche de mon gilet, mais est inutilisable, pas de réseau. Je n’ai pas pris le deuxième jeu de clés, comme je le fais d’habitude. L’auberge du col, à 10 min de marche, n’ouvrira pas avant 8 – 9 heures de matin, il est 4heures à peine sonnées. Je suis à environs 2000 m d’altitude – pas une brindille en vue pour essayer d’accrocher et tirer la poignée de la portière, le trépied est trop gros et ne passe pas dans les 4 cm d’une vitre baissée. Je fouille dans le coffre, resté ouvert. Heureusement !!! Je tombe sur une paire des bâtons de marche. Au bout de deux tentatives, je suis sauvée !!! Maintenant vous comprenez pourquoi j’ai marqué le deuxième jeu de clés sur ma liste.Avec vos photos, quelles émotions souhaitez-vous faire passer ou transparaître ?Je ne pense pas pouvoir ajouter quelque chose de nouveau à tout ce qui était dit par d’autres photographes. J’espère seulement par intermédiaire de mes images partager mes émotions et mon émerveillement de cette nature qui nous entoure mais aussi mon inquiétude au sujet de toutes les menaces et les pressions qui pèsent sur elle.Quels sont vos plus beaux souvenirs et votre photo préférée ?Voulez vous vraiment que je vous parle de tous mes beaux souvenirs ?  Il y en beaucoup !tempête de neigeLa tempête de neige sur Bryce Canyon, les rizières en terrasses de Chine, les yeux brillants des opossums dans la nuit australienne, les fougères arborescentes au pied des glaciers néo-zélandais, l’éclipse totale en Cappadoce (Turquie), l’eau limpide d’un torrent de la Vanoise sur mon visage, le hurlement des loups de Queyras, les kilos de boue de la Savane des Pétrifications (Martinique) collés aux semelles de mes chaussures, les oiseaux de la pointe de Raz nous volant les œufs du pique-nique, les automobilistes solognots freinants brusquement en m’apercevant derrière mon appareil monté sur le trépied, confondu avec un radar, ma première nuit en refuge au fin fond de Vercors... Je pourrais continuer, chaque rendez-vous avec la Nature est une source des souvenirs merveilleux. Il en va de même pour les photos mais la plus belle reste à faire.Quels sont vos photographes préférés, ceux qui vous inspirent ou vous impressionnent ?Ils sont tous ou presque sur la page de « LIENS » de mon site. Et s’il ne fallait en citer qu’un c’est indiscutablement Vincent Munier.Connaissez-vous le collectif Bouts de planète, et qu’en pensez-vous ? Aimeriez-vous les rencontrer ?Bien sur que je le connais. Je connaissais déjà le travail de chaque membre avant la création de ce collectif et, plus ou moins, chaque membre en personne (sauf un). J’ai fait quelques sorties avec les uns et rencontré les autres au festival de Montier-en-Der. Impossible d’ignorer des photographes paysagistes de cette trempe, possédants chacun leur style et beaucoup de talent. Maintenant je ne suis pas convaincue par les raisons et les motivations qui les ont poussés de se réunir. À mon humble avis ce site fait doublon avec le site personnel de chacun tout en noyant son travail dans la masse. Mais ce n’est que mon avis subjectif.Comment voyez-vous la suite de votre aventure en tant que Photographe ?Retourner dans les endroits déjà visités en France ou ailleurs pour les photographier différemment. En découvrir des nouveaux et les explorer photographiquement. Continuer d’apprendre et à partager mes expériences et ma vision féminine à travers mes photos. Mais surtout garder intact ce plaisir incomparable d’être dans la Nature.Pouvez-vous nous donner votre actualité à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?Rien de particulier. Peut-être une expatriation en Empire du Milieu à la fin de l’année. En attendant je vais continuer à parcourir ma région et mettre à jour régulièrement (à la fin de chaque mois) les galeries de mon site.photographiePour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs ?J’ai découvert votre site suite à l’interview de Xavier Jamonet et depuis je le visite régulièrement. J’apprécie énormément la rubrique "Photographie" qui me permet de mieux connaître ceux dont j’admire le travail et découvrir des nouveaux talents. Je suis d’autant plus heureuse d’y figurer désormais. J’ai parcouru d’autres rubriques et je suis impressionnée par la quantité et qualité des sujets traités. Votre site est une mine d’or et je vous souhaite bonne continuation et beaucoup de succès.Merci Ludmila pour ces commentaires et surtout pour cette interview au quelle il n'est pas toujours facile de répondre... Nous te souhaitons aussi un réel succès, car ton "travail" le mérite vraiment.Voir le site de Ludmila Espiaube, Nature et Inspiration.




Avatar de Claude-Alain
24 févr. 2009 à 20h06
Ludmila, tu me vois enchanté de découvrir ton interview et tes images ici. Je suis un fan absolu de tes images. Continue longtemps à nous faire rêver...
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Avatar de P h o n a l y s
26 févr. 2009 à 18h26
Salut Mila,
content de te lire ici, tu te fais rare ailleurs.
Amicalement
David
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Avatar de Marc André
28 févr. 2009 à 21h16
Impressionnant,
Inspiration, enchantement, le partage de ta passion donne envi de rejoindre ce pays de l'imaginaire que tu nous décris et que l'on perçois par les quelques merveilleuses illustrations de tes photos.
Surtout continus, parce que tu as vraiment du talent!
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Avatar de Amalberga
1 mars 2009 à 15h18
Hello dear Mila,

I was pleasantly surprised to come across your interview. I'm delighted to be able to learn more about your passion for nature photography and how your personality transpires through your answers.
Please continue to make us dream threw your talent and wonderful pictures!

Best regards,

Amalberga.
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