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Publié le 18/09/2008
Durant cette période et grâce à Internet, j’ai également admiré les images réalisées par quelques photographes paysagistes anglo-saxons de référence tels que Joe Cornish ou encore, plus récemment, Marc Adamus. Parallèlement à cela, ma situation géographique non loin des Alpes contribua à me pousser vers la photographie de paysage, avec cette volonté de figer les paysages que je rencontrais lors de mes nombreuses randonnées alpines.En marge de la photo de paysage je m’essaye parfois à la macrophotographie, discipline qui me plait beaucoup… deux mondes relativement opposés me direz-vous, entre les grands espaces et un univers miniature non moins complexe, mais deux univers complémentaires et omniprésents.Quels matériels photos utilisez-vous et pourquoi ce choix ?Avant le passage au numérique, en Août 2007, j’utilisais le boîtier argentique Canon EOS 300, ainsi que la pellicule Fuji Velvia. Les diapos, une fois développées, étaient triées et sélectionnées. Les meilleures étaient ensuite scannées à l’aide d’un scanner dédié, le Nikon Coolscan V ED. Un processus qui peut paraître long et fastidieux, mais je vous assure que le plaisir de contempler une dia sur la table lumineuse est encore difficilement égalé par les techniques numériques ;).
Actuellement, j’utilise presque exclusivement du matériel numérique, à savoir un boîtier Canon EOS 5D ainsi que des objectifs Canon de la série L couvrant le range de 17 à 200mm. Le 5D présente l’avantage en photographie de paysage, d’être équipé d’un capteur plein format correspondant aux dimensions d’une diapositive 24x36mm.Parmi les objectifs que j’utilise, l’excellent 17-40mm f4 L de Canon est celui qui me sert le plus. Mon style photographique de prédilection est en effet celui qui fait la part belle à un premier plan accrocheur introduisant le reste du paysage. La focale de 17mm prend tout son sens lors de la composition de ce type de paysage mettant en valeur le premier plan. Il résulte de l’utilisation de cette focale une grande profondeur dans l’image et une accentuation naturelle des fuyantes qui contribue à immerger l’observateur dans l’image. La photographie apparaît alors plus dynamique. Je choisi généralement une ouverture comprise entre f11 et f16 pour obtenir une profondeur de champ s’étendant du premier à l’arrière plan.Le télézoom Canon 70-200mm f4 L est quant à lui un objectif relativement léger et d’excellente qualité optique. Il est particulièrement utile pour isoler un détail dans un paysage, et ainsi produire des images graphiques, simples et épurées. Le tassement des différents plans à 200mm notamment est également un atout important dans la réalisation de certaines images telles que les vallées embrumées.Par ailleurs, j’utilise très régulièrement le 50mm f1.8 de Canon, objectif très léger et au piqué fabuleux. Son ouverture, associée aux hautes sensibilités iso autorisées par le 5D permettent de figer un ciel étoilé. Le 100mm f2.8 macro m’accompagne également.Pouvez-vous nous expliquer quels sont les avantages du plein format (full frame) ?
Pour comprendre les avantages du capteur plein format, il faut se remémorer les dimensions de la pellicule des appareils reflex argentiques classiques, c'est-à-dire le format 24x36mm à comparer aux dimensions plus réduites du capteur des appareils reflex numériques dits APS-C qui composent une grande partie de l’offre reflex actuelle. Le capteur plein format présente en effet une surface entre 1.5 et 1.6 fois plus grande (selon la marque de l’appareil) que celui des reflex APS-C.A résolution identique à celle d’un appareil de type APS-C, la densité de photosites sera donc plus faible sur un capteur plein format, autorisant l’utilisation de photosites de plus grande taille et donc à la fois plus sensibles à la lumière (étant donné l’augmentation de la surface réceptrice) et moins sensibles au bruit numérique. Il en résulte une grande qualité d’image avec une étendue de la dynamique élevée et un bruit numérique plus faible à sensibilité égale (d’où des performances souvent très bonnes en haute sensibilité pour les capteurs plein format, bien que les algorithmes récents de correction du bruit permettent aujourd’hui aux appareils APS d’attendre le niveau des appareils plein format d’il y a 3 ans tels que le 5D).Par ailleurs, du fait de la taille du capteur équivalente à celle d’un film 24x36, aucun coefficient de recadrage n’est appliqué lors de l’utilisation des objectifs (avec un APS, du fait de la surface plus réduite du capteur, le champ couvert par l’objectif est 1.5 à 1.6 fois plus faible que celui couvert par le même objectif utilisé en argentique). Cette remarque est surtout valable pour les objectifs ultra grand-angle pour lequel le champ couvert doit être le plus étendu. Voici un exemple d'appareils reflex full-frame ou plein format : Canon EOS 5D MK2, Nikon D3, Nikon D700 ou Sony Alpha 900.
Quels matériels informatiques, accessoires, logiciels, utilisez-vous lors de vos reportages ou shooting ?Lors de mes sorties, j’emporte généralement 12Go de cartes mémoires, ce qui me permet de tenir largement 3 jours sans vider les cartes (environ un millier de photos), ainsi que 3 batteries. Cet équipement est suffisant pour la plupart de mes sorties en montagne. Le plus souvent, je pars sur deux jours de manière à pouvoir photographier le coucher puis le lever du soleil.Etant donné le matériel de montagne, la tente et la nourriture qu’il est nécessaire d’emmener, il ne reste bien souvent plus de place dans le sac à dos et le matériel photo trouve généralement sa place sur la ceinture ventrale du sac à dos, dans des sacoches adaptées. Je pars toujours avec un trépied : soit un trépied léger mais suffisamment stable, le modèle Sprint Pro de chez Slik, associé à une rotule Manfrotto (…le tout pour une compacité excellente et 1200g), soit un trépied plus massif, le 055MF3 de Manfrotto, que j’utilise en cas de vent fort et lors de randonnées de courte durée.Pour ce qui est du matériel informatique, j’utilise un PC, sous Windows XP, accompagné des logiciels classiques de traitement d’image. J’utilise Camera Raw pour l’édition des fichiers RAW et leur traitement. L’ensemble est combiné à une grande capacité de stockage, à la fois en interne et sur disques durs externes, ce qui permet de conserver systématiquement chaque image et son fichier Raw en double voir triple exemplaire.Des paysages montagnards magnifiques, mais des conditions probablement extrêmes, comment préparez-vous vos reportages ?
En montagne, une chose est sure, c’est que les conditions climatiques peuvent varier rapidement et parfois du tout au tout… Je me souviens d’une sortie récente, autour du 15 juin dernier, en Vanoise. Je m’apprêtais à photographier un lever de soleil sous un ciel uniformément bleu quand une perturbation est arrivée rapidement, quelques minutes après le lever de soleil le ciel s’est couvert et il a commencé à neiger, c’était assez irréel comme ambiance. Dans ce cas, il est certain qu’il faut toujours emporter des vêtements chauds et imperméables, associé au reste du matériel de montagne, ainsi que de bonnes chaussures. On est souvent assez statique lors de la prise de vue, et c’est dans ces moments d’immobilité que le froid se fait le plus ressentir.Le matériel peut parfois être mené à rude épreuve, notamment en hiver et par grand froid… Certaines de mes photos sont prises à des températures inférieures à -15°C, par grand vent et souvent en conditions neigeuses. Dans ce cas, les batteries sont bien moins performantes et les risques de casse matérielle augmentent avec le froid. La protection du matériel est donc indispensable mais la priorité reste la prise de vue… il faut trouver le bon compromis. Ces conditions parfois difficiles sont pourtant souvent très photogéniques, et il serait dommage de laisser l’appareil dans la sacoche sous prétexte de le protéger des intempéries.Pouvez-vous donner quelques conseils aux lecteurs qui aimeraient faire de belle photo de paysage ?Les plus belles lumières sont évidemment celles que l’on rencontre au lever et au coucher du soleil. Je dirais que la photo de paysage appartient à ceux qui se lèvent tôt et se couchent tard ^^. En journée, la lumière devient rapidement plus dure (notamment en été), ce qui est bien moins propice à la réalisation de belles images (bien que ce soit possible, en automne et au printemps notamment). J’essaie de me trouver sur les lieux de prise de vue environ une demi heure avant le lever du soleil afin de pouvoir profiter des lumières de l’aube qui révèlent bien souvent des couleurs incroyables, et je reste parfois près d’une heure après le coucher pour capturer les lumières crépusculaires. Bien souvent, il faut donc avoir une petite connaissance des lieux à photographier, connaissance qui peut être acquise au cours d’un repérage préalable, ou encore par la lecture des cartes de randonnée IGN, qui sont d’un intérêt immense en photo de paysages.
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il est intéressant d’employer des filtres pour certaines photos ?En photographie de paysage, l’emploi des filtres est très fréquent. Le polarisant tout d’abord, est un filtre qui permet, en supprimant les réflexions secondaires de la lumière sur l’environnement, d’intensifier les couleurs et de supprimer certains reflets. Les couleurs apparaissent alors plus saturées et le paysage plus limpide. C’est un filtre qui ne peut pas vraiment être reproduit numériquement lors du traitement du fichier. Les limites de l’utilisation de ce type de filtre se rencontrent en photographie à l’ultra grand angle, ou le ciel peut ne plus apparaître uniformément coloré et l’emploi d’un tel filtre doit alors se faire avec parcimonie.
Le deuxième type de filtre très utile en photo de paysage est le filtre dégradé gris. Ce filtre permet de compenser l’écart de luminosité qui existe entre un premier plan souvent sombre et un ciel très lumineux. La portion de filtre la plus opaque est positionnée sur le ciel tandis que la portion totalement transparente est placée sur le premier plan. De cette façon, il est possible en une seule exposition, d’obtenir un premier plan correctement exposé et détaillé, sans surexposer le ciel. Cet effet peut être reproduit en numérique avec la technique nommée HDR qui consiste à combiner sous un logiciel de retouche plusieurs expositions de la même image, mais le travail est alors plus long et parfois fastidieux. L’emploi du filtre reste quant à lui, très simple.
Quels sont vos plus beaux souvenirs et votre photo préférée ?
Le matériel, c’est bien ! Mais l’œil du photographe, c’est mieux ! Alors selon vous comment peut-on le développer ?Il existe certaines règles de composition en photographie de paysage, mais au-delà de ces règles, je pense effectivement que l’œil a une importance capitale. J’imagine qu’il est possible de le développer en regardant le travail d’autres photographes (ce que j’ai fait pendant plusieurs années en admirant les photos de Joe Cornish ou encore de Patrick Desgraupes…) mais aussi en variant les compositions, les cadrages, en choisissant les angles de vue, et surtout, en prenant bien le soin de faire le tour du viseur avant de déclencher…Je pense qu’il est nécessaire, avant de prendre la photo, d’avoir une idée du résultat que l’on veut obtenir, puis d’essayer de s’en approcher le plus possible au moyens d’essais successifs si besoin. De cette façon il est possible d’obtenir une vision très personnelle et souvent originale de la scène photographiée.La lumière est très présente sur vos réalisations, comment réussir à la capter ?Plus généralement, je suis attiré par les grands espaces ou la présence de l’homme est réduite… dans les Alpes, c’est donc sur les plateaux d’altitude ainsi que dans les grands parcs naturels que je trouve mon bonheur. Je suis également émerveillé par les pays nordiques tels que l’Ecosse, l’Islande, la Norvège… Mon voyage en Ecosse en août 2007 fut un grand moment et je rêve aujourd’hui de pouvoir me rendre en Islande. Les lumières rencontrées dans ces pays me fascinent. Dans l’autre hémisphère, les contrées désertiques d’Amérique du Sud suscitent également un vif intérêt. J’aimerai un jour, parcourir la Patagonie ainsi que les hauts plateaux de Bolivie.
Que souhaitez-vous apporter ou quelles émotions avec vos photos souhaitez-vous faire transparaître ?Susciter une émotion à l’aide d’une photographie de paysage n’est pas forcément toujours facile, mais je m’emploie à essayer de retranscrire l’ambiance, les lumières, les couleurs ainsi que le plaisir que j’ai pu ressentir lors de la prise de vue. Certes des éléments tels que le vent ou le froid ne peuvent être directement perçus à travers une image, mais je cherche autant que possible à prendre des photos qui placent le lecteur au centre de la scène, en dynamisant le cadrage, à l’aide de l’ultra grand angle par exemple.Si le lecteur perçoit la beauté du paysage, ainsi qu’une ambiance particulière lors de la visualisation d’une image, alors je considère que la photo est réussie.
Vous travaillez pour le collectif Bouts de planète, pouvez-vous nous présenter ce site et cette activité ?Bouts de Planète est une idée qui a germé à peu de choses près au même moment dans l’esprit des 6 photographes qui composent le collectif. Je me souviens que Vincent et moi-même évoquions entre nous l’idée de former un collectif il y a presque un an, lors de nos nombreuses sorties communes.Dès lors, l’envie de concrétiser à la fois ce projet et ce rêve a pris le pas… ce qui nous permet aujourd’hui de partager nos meilleures images afin de présenter au visiteur une vision du travail de 6 photographes partageant la même philosophie.Comment voyez-vous la suite de votre aventure en tant que Photographe ?Je souhaite continuer à parcourir les Alpes ainsi que d’autres régions de France et photographier ces paysages qui me sont chers. Témoigner de la beauté et de la fragilité de la nature qui nous entoure reste, à mes yeux, l’un de mes principaux objectifs.J’ai par ailleurs plusieurs projets de voyages dans différents pays que je souhaite photographier, notamment l’Islande.Pouvez-vous nous donner votre actualité à venir, exposition, reportage, voyage, livre, etc. ?Plusieurs projets de livres sont en cours, ainsi que diverses publications. D’ici la fin du mois de septembre doit paraître aux éditions Déclic, un livre sur les Alpes contenant certaines de mes images ainsi que celles de trois amis photographes.D’autres projets de livres et d’expositions risquent de voir le jour dans les mois qui viennent, mais il n’est pas possible d’en parler pour l’instant.Pour finir, avez-vous une remarque à faire sur le site Photovore.fr et aux lecteurs ?J’ai découvert Photovore grâce à Nicolas Dory, ami et talentueux photographe. J’ai tout de suite apprécié le contenu du site ainsi que sa présentation, claire, sobre et très agréable. Il ne subsiste aucun doute quand au fait que Photovore rencontrera tout le succès qu’il mérite, je vous le souhaite en tous cas !Merci beaucoup pour votre intérêt envers mon travail photographique.De rien Xavier, c'est avec plaisir que nous réalisons ces interviews, surtout quand le photographe est aussi sympa que ses images sont belles ;)Voir le site de Xavier Jamonet ou le site du collectif Bouts de Planète. |
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Longue vie photographique à toi l'ami.
Félicitations et merci à Maxime pour cette découverte.
L'émerveillement que m'as causé ces photos m'as donné bien envie de prendre mon blouson et de grimper sur les sommets alentours (j'habite à Bali en Indonésie, où les volcans millénaires sont légions
) pour me mesurer à Xavier :-D .Bonne continuation à lui, et merci pour ce superbe interview Photovore

Joaquim
Félicitation encore à notre ami Xavier...
beau reportage, bien illustré.
bravo Xav', ton travail le mérite
DAvid
ça donne envie de partager quelques bières à tes cotés
Aussi super bravo à l'auteur pour la qualité de ses clichés mais aussi pour son courage de.... porteur....
Merci également à Maxime pour ton superbe travail... et pour m'avoir accordé un peu de ton temps!
Xavier
Bravo Xavier pour tes photos et ces belles paroles, ça donne envie de se mettre plus sérieusement à la photo de paysage et notammenent de repartir sur l'île de Skye avec un vrai appareil photo (je m'étais déjà régalé avec un petit compact...!)
A tout bientôt
Pédounet
Je cherchais des infos sur les filtres pour paysages, j'ai pas été déçu !
Je viens de relire cette interview et comme il est dit au début je lis et relis sans me lasser d'admirer ton travail photographique talentueux. J'adore randonner dans les alpes et espère un jour peut être réussir au moins une photo grâce à tes précieux conseils. Merci de nous faire partager.





