[Interview] Sylvain Courant : "Paris, un terrain de jeu inépuisable pour la photo"

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[Interview] Sylvain Courant :
Un nouveau mardi, une nouvelle interview ! Si vous ne le saviez pas déjà, chaque semaine, l'équipe de Photovore va à la rencontre d'un photographe pour vous faire découvrir son travail, ses passions et ses méthodes. Aujourd'hui, nous vous faisons découvrir Sylvain Courant, le photographe qui met Paris en Lumière.


Sylvain Courant, portrait par Elise BergerComptable de profession, Sylvain Courant est aussi un passionné de photo depuis sa tendre enfance. Parisien et amoureux de la ville, il met aujourd'hui en beauté les décors urbains, vivants ou abandonnés, mais également les gens qui peuplent tous les jours les rues et les parcs de la capitale. Et quand la ville devient un peu trop oppressante, il s'évade à la campagne pour réaliser des clichés tout aussi poétiques. Rencontre avec ce photographe aux multiples facettes...

 
Depuis quand pratiquez vous la photographie ? Est-ce votre activité professionnelle principale ?

Mes premiers contacts avec la photo remontent à l’adolescence où je voyais mon père prendre des photos avec son Kodak Automatic 35. Je trouvais ça à la fois étrange et fascinant. Il m’arrivait de prendre des photos avec, et déjà ça me plaisait. J’ai aussi fait un de peu de développement noir et blanc (n&b) avec un copain dans son sous-sol. On était loin du numérique alors ! Ensuite, je me suis acheté un reflex (argentique), un Canon. Je faisais surtout des photos à l’occasion des vacances. J’ai eu un long passage à vide jusqu’en 2006 où j’ai eu mon premier boitier numérique. J’ai tout de suite été intéressé par la souplesse du numérique, et le fait de maitriser son image de la prise de vue à la postproduction. J’ai fait évoluer mon matériel petit à petit, et je suis à fond dedans depuis quelques années déjà. Ce n’est pas du tout mon activité professionnelle, puisque je travaille dans le domaine comptable.

Beaucoup de vos clichés sont dans le domaine de la street photography et de l’urbex. Qu’est-ce qui vous inspire dans le milieu urbain ?

Je viens de la ville. Je suis né en banlieue parisienne et j’y ai toujours vécu. La ville, c’est mon domaine, mon terrain de jeu. J’aime la ville, parce qu’il s’y passe toujours quelque chose. J’aime l’effervescence qui y règne. C’est une source inépuisable d’images. Je marche beaucoup et j’aime déambuler en ville pour capter des moments de vie, des situations, des ambiances, des visages particuliers. Ça c’est le côté street photography. J’aime aussi capter de belles lumières sur les monuments parisiens. On a de la chance à Paris pour ça.

Pour ce qui est de l’urbex, c’est un peu différent. Ce que j’aime c’est le côté trash. L’abandon, la désolation sont des termes qui me parlent. Le fait que certains bâtiments ou lieux aient un vécu.  Ils nous racontent une histoire. Malheureusement, à Paris et en région parisienne, c’est très difficile de trouver de tels lieux qui soient accessibles.

Sylvain Courant, Street photo Sylvain Courant, Urbex

A contrario, vous semblez également pratiquer la photographie de nature. Comment ces deux domaines, initialement opposés, s’intègrent en globalité dans votre travail photographique ?

J’aime la ville, mais j’aime aussi la nature. C’est ma bouffée d’oxygène. Quand je fais beaucoup de street photo, je sature au bout d’un moment. Faire de la photo de nature me permet de respirer. Et puis, j’ai une muse qui m’a inspiré dans ce domaine. Cela me permet aussi de montrer une autre partie de ma sensibilité.

Un grand nombre de vos photos ont été prises à Paris. Avez-vous une attache particulièrement avec la capitale française ?

Oui, je travaille à Paris et vis en proche banlieue. Ça aide. On a la chance à Paris, d’avoir un terrain de jeu inépuisable pour la photo.

Sous pont, Sylvain Courant 

Auriez-vous des conseils à donner à ceux qui souhaitent se lancer ou se perfectionner dans la Street Photography ?

Le premier conseil que je pourrai donner, c’est que si vous avez envie de vous lancer, et bien lancer vous ! Il ne faut pas hésiter. Les satisfactions sont grandes. En revanche, il faut vraiment en avoir envie. Pour ma part, c’est un style que je pratique depuis 2 ans environ. Avant ça, il n’y avait pas de personnes sur mes photos. Puis, j’ai eu envie de travailler sur l’humain. Je me suis lancé et je ne le regrette pas.

De plus, c’est très facile de trouver des sujets. Il suffit de sortir de chez soi. L’investissement en matériel est minime, pas besoin de téléobjectif onéreux. Vous pouvez lire beaucoup d’articles concernant le matériel à avoir en street photo. Moi, je dirai que peu importe ce qu’on utilise, l’essentiel est de se sentir bien avec son boitier, et de bien le connaître. Il faut qu’il soit assez discret quand même, et surtout que l’autofocus soit rapide.

Ensuite, il faut observer, observer et observer encore. Regarder autour de soi. Ne pas hésiter à se poster à un endroit et attendre. Il finit toujours par se passer quelque chose d’intéressant.

Pour ce qui est du portait en street, il faut oublier ses peurs. Ça s’apprend au fur et à mesure. Il ne faut pas avoir peur de s’approcher des gens. Il faut le faire doucement, sans précipitation, être le plus naturel possible. Ce qui compte c’est de capturer un regard, la photo ne fonctionne pas sinon. Le plus important : ne faut pas oublier de sourire. Avec un sourire, ça se passe tout seul.

Par quel moyen faites vous connaître votre travail ? D’autres projets pour l’avenir ?

Je publie mes photos sur des plateformes, essentiellement Darqroom mais aussi Flickr (que je réserve pour le n&b). J’ai aussi un blog qui me permet de faire des articles sur des sorties photos ou des tutoriels. Enfin, je me sers beaucoup des réseaux sociaux tels que Twitter ou Facebook. J’ai en projet d’écrire un e-book sur la street photo. Je voudrais également publier un livre regroupant mes photos sur Paris. J’aimerais bien faire une exposition aussi, mais c’est plus difficile à réaliser.

Un dernier mot pour terminer ?

Merci pour cette interview.

Photos de Sylvain Courant

Vous pouvez retrouver l'ensemble du travail de Sylvain Courant sur sa page Darqroom (http://sylvain.darqroom.com/), où vous pouvez également commander des tirages de ses œuvres. Une préférence pour les photos en noir et blanc, rendez-vous alors sur sa page Flickr (http://www.flickr.com/photos/sylvain_courant/).

Regard perçant, Sylvain Courant

La parisienne, Sylvain Courant Le poids des ans, Sylvain Courant

Tuileries, Sylvain Courant Tour eiffel, sylvain courant

Rose tremière, Sylvain Courant





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Photo de Ariane Journois

Article d'Ariane Journois

Publié le 11/06/2013

Les escaliers de la Butte sont durs aux miséreux, les ailes du Moulin protègent les amoureux.

All-I

Compression des images indépendamment les unes des autres pour faciliter le montage