[Interview] Collectif Horizons Naturels : "une opportunité de partage et d'échange"

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[Interview] Collectif Horizons Naturels :
L'interview de la semaine est aujourd'hui consacrée non pas à un seul photographes, mais à un cinq ! Nous avons rencontré les membres du collectif Horizons Naturels réunis autour de leur passion commune pour la photographie de Nature et animalière. Découvrez Benjamin, Rémi, Alexis, Emmanuel et Philippe.

Horizons NaturelsOn dit souvent que l'union fait la force, et c'est sûrement vrai. Du moins ce célèbre dicton s'applique aux cinq photographes qui forment le collectif Horizons Naturels. Tous les cinq passionnés de photographie de Nature et animalière, ils ont décidé de se réunir afin de partager entre eux et aux autres cette passion qui les unie. A côté de leurs identités photographiques propres, il mettent en commun leur travail pour toujours se motiver et tirer le meilleur d'eux-mêmes. Rencontre avec Benjamin, Emmanuel, Philippe Alexis, et Rémi (de gauche à droite et de haut en bas sur la photo ci-contre).

 

 

Bonjour à vous cinq, pouvez vous nous expliquer chacun d’où vous vient votre passion pour la photographie, et plus particulièrement pour la photographie de nature ?

Alexis : Né il y a 38 ans au fond d’une vallée des Hautes Vosges, j’ai débuté la photo il y a déjà 25 ans, avec un Nikon FM que me prêtait mon père. Tous les étés, nous partions en vacances dans les plus belles vallées des Alpes. C’est probablement là que j’ai commencé à exercer mon œil aux paysages et à aimer le contact avec la nature. Malheureusement, les études n'aidant pas, j'ai un peu mis de côté la photo jusqu'à ce que j'achète ma maison au milieu de la campagne picarde en 2005. À partir de ce moment, je n'avais plus qu'une envie : photographier les chevreuils qui passaient derrière ma maison. Depuis, je n'ai plus quitté mon boîtier.

Rémi : J’ai touché mon premier appareil en 2005 lors d’un voyage d’études au Mexique, mais n’est réellement attrapé le “virus” qu’en 2007. En matière d’images, je suis un “photo-didacte”, passant tout ou partie de mon temps libre à apprendre, essayer, affiner ma technique et mon sens esthétique, jusqu’à me créer mon identité photographique et, jour après jour, la peaufiner. Ces trois dernières années, tout s’est intensifié, l’image fait partie de moi, et je trouve dans la nature un apaisement et une sérénité que l’on oublie trop dans nos vies de tous les jours, oubliant parfois le peu que nous sommes. C’est cette beauté et cette fragilité de la nature que j’ai le plaisir de partager en images.

Ben : La photo m'est venue tout naturellement comme un chaînon manquant à ma vie. A l'époque, je roulais énormément à VTT. Je parcourais monts et vallées et regrettais de ne pas assez m'arrêter pour contempler les différents endroits que je traversais. Amoureux de la Nature, j'ai été initié très tôt par mes parents à la découverte des espaces naturels et plus spécialement de Lorraine. Le monde de l'image me fascine, j'ai attaqué sérieusement la photo il y a environ 4 ans. J'ai eu l'occasion de voyager et de rencontrer des personnes passionnées comme moi. De fil en aiguille, des liens se sont tissés, et à force de conseils avisés, j'aiguise mon œil pour mettre en valeur la fragile beauté de notre environnement.

Manu : J'ai appris la photographie sur les belles et nombreuses cascades Franc-Comtoises, région où je vis depuis toujours. Mais la passion pour la nature remonte plus loin, lors de longues et interminables balades dans le massif du Jura. Ce n'est que bien plus tard que l'envie d'y passer seulement un peu de temps libre est devenu, au fil des années, une véritable passion. Chercher la lumière et figer la beauté de notre belle nature est devenu une envie toujours plus grande que ce soit au pied des belles cascades de mes débuts ou dans l'immensité des Alpes que j'affectionne particulièrement.

Philippe : Ma passion pour la photographie me vient de mon père qui, quand j'étais très jeune m'a initié, au développement photographique noir et blanc. J'ai ensuite toujours photographié jusqu'à ce que je puisse m'offrir en 2005 un Appareil Photographique Numérique et c'est à ce moment que je me suis tourné vers la photographie de paysage. Cette pratique m'a permis de répondre à mon envie de solitude, d'évasion et d'admiration des espaces naturels.

Vous avez créé Horizons Naturels, un collectif réuni autour de la photographie de nature. Comment avez-vous été amené à vous associer autour de cette passion ?

Alexis :  L’histoire a débuté en 2009 sur les réseaux sociaux. Je devais remplacer une certaine partie de mon matériel et en posant la question à mes contacts, j’ai commencé à discuter un peu plus avec deux d’entre eux. Il s’agissait de Ben et Rémi. A tel point qu’avec le premier, nous décidions quelques mois plus tard de partir en semble au lac d’Allos, dans les Alpes de Haute-Provence, avec une étape au Rocher du Caire, dans la Drôme. Par le plus grand des hasards, de son coté, Rémi avait lui aussi décidé de passer quelques jours au Rocher du Caire et ça tombait exactement sur les mêmes dates que nous. Nous nous sommes donc retrouvés là haut, parmi les vautours et nous avons bien accrochés. Un bon feeling passait entre nous. Après trois jours en plein soleil, Ben et moi avons continué notre périple, Rémi devant reprendre le boulot.

Dans nos multiples échanges, avec Ben, nous avions déjà évoqué la mise en commun de nos travaux. A cette époque, beaucoup de photographes travaillaient comme ça, en duo. Notre séjour dans les Alpes nous a conforté dans cette idée. Nous l’avons donc fait murir et puis finalement, elle a abouti à celle-ci : nous allions créer un collectif et nous allions proposer à Rémi de nous suivre dans l’aventure. Nous avions la même vision et la même passion pour les belles images et notre entente était parfaite : ça devait pouvoir fonctionner. Il fallait encore trouver un nom! Ça n’a pas été simple et nombreuses ont été les propositions rejetées ! Puis, finalement, un matin, au bord du lac d’Allos, Ben a proposé un nom, LE nom.

Rémi était bien évidemment partant, ça y était, nous étions en route pour l’aventure. Le temps de créer notre site internet, notre identité visuelle et une démarche collective et deux mois et demi plus tard, en novembre 2010, Horizons Naturels était né ! Depuis, Manu, en décembre 2011 et Philippe, en juin 2012 nous ont rejoint en apportant leurs compétences de paysagistes purs.

Qu’est-ce que le collectif offre comme avantage comparé au travail photographique en solo ?

Rémi : A mon sens, le collectif est un plus, qui ne doit pas être dissocié du travail personnel. Cependant il crée une réelle dynamique, une opportunité de partage et d’échange. En effet, au nom du collectif, nous sommes, chacun, tenu de répondre présent afin de le faire vivre. Au-delà de la dynamique, notre collectif de part la localisation géographique de ses membres nous permet de proposer à ceux qui nous suivent une grande diversité d’images et de thèmes, et ce à l’occasion de chaque sélection mensuelle.

Ben : S’engager au sein d’un collectif, c’est se propulser dans une aventure où l’on s’invite à se remettre et remettre ses travaux en question. La dynamique de groupe est vraiment importante et entre nous, les critiques et les idées vont bon train. Les moments de cohésions sont rares mais cela ne nous empêche absolument pas d’avoir une très bonne synergie entre nous. On apprend de chacun et chacun a son petit truc qui fait avancer l’autre. Les échanges sont très instructifs et permettent d’obtenir la diversité que nous trouvons dans notre photothèque.

Manu : Comme le dit Rémi, le travail au sein d’un collectif permet de penser différemment et de créer une dynamique. Nous sommes assez proches mais tellement différents dans la vision et dans notre travail lui-même. Le partage, la critique et l’échange sont des choses essentielles dans la photo et je pense qu’un collectif permet tout ça.

Alexis : Je pense que nous sommes tous pareils. Nous avons tous des projets, mais notre motivation à les mener à terme est fluctuante. C’est humain. Avec le collectif, sauf si vraiment nous n’avons pas de bol, ce cycle de motivation est déphasé : il y a toujours au moins 3 ou 4 d’entre nous à être à fond, quand ce n’est pas tout le groupe ! Ainsi, il y a toujours quelqu’un là pour motiver celui qui en a besoin, pour le soutenir et aussi pour faire vivre les projets en cours. De plus, je pense que notre force réside dans notre réactivité et notre cohésion. Ca donne une bonne dynamique au collectif et crée ainsi une très belle émulation entre nous.

Philippe : Le collectif pour un photographe de paysage assez solitaire dans sa démarche est l'occasion de se connecter à une certaine réalité de ce petit monde très fermé. C'est aussi l'occasion d'échanger nos méthodes de travail et de mettre en commun nos faibles moyens pour des actions de communications.

Chaque membre du collectif a son propre style, quels sont chacun vos thèmes et lieux de prédilection ?

Alexis : Comme je l’écrivais plus haut, c’est en cherchant à aller à la rencontre de mes voisins les chevreuils que je me suis lancé à 100% dans la photo Nature.

Par la suite, j’ai profité d’avoir un grand jardin pour y construire un affût à la mangeoire afin d’y photographier les oiseaux du jardin en hiver. J’ai mis quatre ans à le construire mais maintenant, je suis assez satisfait de ce qu’est devenue ce petit mètre cube et de ce que j’obtiens en images. J’y passe la majeure partie de mes week-ends hivernaux.

A coté de ça, j’ai la chance d’habiter pas très loin de la Baie de Somme et des côtes de Picardie et de Seine-Maritime. C’est là que j’ai appris à connaitre un oiseau auquel je tiens beaucoup : le fulmar boréal. En 2011, je me suis lancé dans un projet : photographier ces oiseaux pélagiques et leurs comportements. Ça m’a pris plusieurs mois, durant lesquels je passais presque tous mes week-ends en haut des falaises, mais ça valait le coup : ce reportage a fait l’objet d’une exposition dans le cadre du Festival de l’Oiseau et de la Nature de la Baie de Somme en avril dernier. Ça m’a aussi permis de mettre un pied dans la photographie de paysages, ce que je pratique probablement maintenant plus que tout autre.

Les gars se moquent assez régulièrement de moi car j’ai un adage que je me plais à répéter assez souvent: “A quoi bon aller à 5000 km de chez soi quand on ne connait pas le bout de son jardin”. C’est ainsi qu’environ 90% de ma production photographique est réalisée dans un rayon de 100 km autour de chez moi. Ceci dit, j’ai brisé cet adage au mois de février dernier, avec mon premier voyage photographique dans l’arctique Norvégien !

Rémi : pour ma part, si j’ai commencé par la macrophoto, je me suis très vite intéressé à la faune, d’abord aux oiseaux des étangs de Camargue puis aux mammifères qui peuplent le massif du Mercantour. C’est là que j’ai fait la rencontre d’un animal qui m’est cher : le renard roux. Avec pratique, temps et patience, j’ai pu vivre des moments vraiment formidables en leur compagnie et éprouve toujours la même émotion à chaque rencontre. Plus récemment, je me suis essayé à la photographie de paysage, pour compléter mes reportages et mieux situer le(s) lieu(x) où j’évolue. Cela dit, la photo animalière reste, à ce jour et quelle que soit l’espèce photographiée, le domaine dans lequel j’éprouve le plus de plaisir.

Ben : J'aime assez à le dire, je suis tout d'abord passionné par nature. La découverte reste avant tout la base d'une passion que j'entretiens avec beaucoup de ferveur. Je ne compte plus les kilomètres parcourus en voiture, en avion, à pied, à la rame... l'aventure m'anime. Je suis très attaché aux milieux Alpins, les réserves naturelles et les Parcs Nationaux de France sont autant de sites qui ont une attraction très forte sur moi et j'essaie de m'y déplacer le plus souvent possible. J'aime ressentir l'ivresse des grands espaces, et me retrouver en plénitude aux abords de "Grands Sites" de caractères préservés et sauvages. Je tente d'assurer une thématique assez éclectique, mais je dois avouer que le manque de temps me contraint à dévier sur le paysage et la macrophotographie. La photo animalière est à mon sens beaucoup plus exigeante. Muté il y a bientôt trois ans, j'essaie d'entretenir un "species book" où je recense des lieux et des sites où je peux assurer mes images, mais là encore la Nature sait nous rappeler qu'elle seule tient les ficelles de la météo, des ambiances et des saisons.

Manu : La photographie de paysage a sonné comme une évidence pour moi étant adepte de longues balades dans de somptueux décors. D'ailleurs, je crois que je serais assez mauvais en animalier... Au fil du temps j'ai découvert certains photographes, que j'admire toujours, comme Xavier Jamonet, Vincent Favre ou encore nombres de photographes Anglo-Saxons qui m'ont beaucoup influencés par la suite. L'envie d'aller voir un peu plus loin est devenue toujours plus forte, l’Écosse mystérieuse, les Alpes, qui ont pris une grande place dans mes photos. Ces montagnes me fascinent toujours un peu plus à chaque visite. Mon thème de prédilection est probablement l'eau qui est quasiment sur chacune de mes photos, un cours d'eau, une chute, la neige hivernale ou encore un lac de montagne, miroir de géants. Celle-ci guide souvent mes choix et si la lumière est au rendez-vous, une belle image n'est jamais très loin.

Philippe : Je me suis très tôt spécialisé dans la photographie de paysage à l'américaine ou la lumière et les couleurs vives sont légion. Dans une démarche de protection de l'environnement, je me suis focalisé sur le territoire de la Bretagne et des Pays de Loire à très courte distance de mon domicile pour limiter les rejets de CO2. Je trouve dans les côtes d'Armor et en Vendée mes paysages préférés entre les dunes et les rochers aux formes inimitables.

Avez-vous une anecdote à raconter à propos des surprises que peut offrir la nature ?

Rémi : Elles sont nombreuses ! Et nombre de photographes de nature vous répondront que la nature nous surprend souvent. Difficile de n’en relever qu’un seul. Mais spontanément, sur cette question, je me remémore un soir, dans le Var où, parti simplement en repérage pour des renards, je me suis retrouvé à entendre, approcher puis photographier, entre ombre et lumière, un petit duc posé à peine à quelques mètres de moi, qui a paisiblement toléré ma présence sans broncher, le temps pour moi de sortir une paire d’images à partager.

Ben : En Alaska, le voyage commence un peu à dater, mais cet instant je ne suis pas prêt de l’oublier. Parti avec un ami pour approcher à distance raisonnable une femelle ours qui avait mis au monde 4 petits de l’année (fait de plus en plus rare) nous nous sommes enfoncés dans des coulées, passages que les ours empruntent régulièrement pour rejoindre un endroit à un autre. Ce sont des couloirs d’herbes hautes en milieu humide. Arrivés sur la plage du lac NakNek, nous nous sommes mis en position derrière un tronc et un rocher pour photographier la petite famille seulement voilà, à 15 mètres devant et derrière nous, quelques ours dormaient ici et là...nous sommes resté une vingtaine de minutes sans les déranger, c’était un moment épique où l’on se sent vraiment seul...mais quel moment...

Manu : Les plus grandes surprises sont souvent qu’une belle lumière arrive alors que parfois on pense que rien ne va se passer et que nous sommes prêt à partir ou à tout ranger, ce qu’il se passe assez souvent je devrais dire. La nature offre beaucoup de surprises mais les photographes appellent plutôt ceci la chance...:)

Alex : Les anecdotes sont nombreuses quand on parle de la Nature mais je me souviens d’une sortie que j’avais faite dans le but de faire un affût aux chevreuils. J’étais tranquillement au bord d’un chemin de traverse au milieu d’une parcelle depuis plusieurs heures quand, au loin, je commence à voir apparaître une tête au milieu des fougères. J’étais content, au moins un chevreuil allait venir à moi. En fait de chevreuil, c’était une biche, très rapidement rejointe par un daguet, j’étais donc encore plus content ! Ils ont avancé vers moi, paisiblement, tranquillement et au bout d’une dizaine de minutes, j’ai senti leur quiétude disparaître petit à petit. J’étais pourtant à bon vent et je ne faisais aucun bruit. Ça pouvait difficilement être moi qui les effrayait. A un moment, ils se sont instantanément figés et sont repartis en courant à mon opposé. Je ne comprenais plus rien...jusqu'à ce que je vois les fougères à 15m de moi remuer fortement et qu’un magnifique cerf à 14 cors apparaisse sur le chemin et leur courre après ! Nous étions début septembre, le brame allait débuter, tout s'expliquait ! J’avoue avoir été tellement surpris que je n’ai aucune photo potable de cette rencontre. Mais peu importe, j’ai eu mon lot d’émotions !

Philippe : A chaque sortie des phénomènes naturels viennent ponctuer mes sorties. Le plus récent m'a permis de faire l'une de mes plus belles images en Vendée. Je vous en parle juste après...

Pouvez-vous nous présenter chacun votre cliché préféré et nous expliquer pourquoi vous l’aimez tant ?

Rémi : La photo qui m'a sans doute procuré le plus d'émotions, au sens de "surprise" en nature, est sans doute celle de ce jeune marcassin rencontré l'été dernier dans l'Estérel. J'étais ce jour-là à l'affût pour le renard, lorsqu'à un moment donné, quelque chose a bougé dans les fourrés. Curieux, ce jeune marcassin s'est approché de l'objectif, jusqu'à venir en dessous de la distance limite de mise au point... Quelques secondes à peine, nécessaires pour échanger un regard, et rencontrer un animal que je n'avais jamais vu d'aussi près... La laie, restée en retrait, à ensuite rappelé à l'ordre le petit curieux, et toute la petite troupe s'en est repartie aussi vite qu'elle était arrivé....

Marcasin, Horizons Naturels

Ben : Battle over the top : cette image incarne à mes yeux ce que je nomme “la photo animalière opportuniste.” Tu te lèves de bon matin dans un environnement unique et la chance te sourit. Et quand je parle de chance c’est vraiment le recoupement de plusieurs conditions. J’appelle ce genre de phénomène “ORACLE” pour Œil Réglage Attitude Comportement Lumière Endroit...quand toutes ces conditions sont réunies, cela me rappelle ce pourquoi cette passion compte tant pour moi.

Battle over the top, Horizons naturels

Alexis : Ma photo préférée est certainement cette photo de chardonneret élégant sous la neige, intitulée Zen. Elle représente beaucoup pour moi car elle est le fruit de 4 années d’amélioration continue de ma mangeoire. 4 années à améliorer l’affût, à chercher le support et le fond idéal, à attendre les conditions propices à l’ambiance parfaite, à chercher le type de graines en fonctions des oiseaux présents, différents chaque année. A l’heure du tout, tout de suite, à l’heure où bon nombre de photographes se précipitent dans les affûts qu’on a construit pour eux, dans un esprit de “cocheurs”, être le seul responsable de la valeur photographique de son cliché est pour moi inestimable. A mes yeux, elle reste à ce jour ma plus belle photo d’oiseau à la mangeoire.

Zen, Horizons Naturels

Manu : Land of nowhere : pour moi c’est ma photo parfaite. Tout ce que j’aime se trouve dans cette image : un paysage des Alpes, une belle lumière avec un ciel chaotique comme je les aimes et en plus en Automne, ma saison favorite. La chance était en plus de la partie car, une heure avant, le ciel était désespérément bleu et vide.

Land of nowhere, Horizons naturels

Philippe : Ultime Rêve a été réalisé l'été dernier en Vendée. C'est sans nul doute du point de vue de mes critères de satisfaction l'une de mes meilleures images de 2012. Tout était réuni, le lieu que j'apprécie énormément, le ciel, le premier plan et une lumière idéale pour exposer. Ces moments sont excessivement rares et viennent récompenser ceux qui multiplient les sorties. On reste souvent sur un nuage dans ces moments-là.

Ultime rêve, Horizons naturels

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui souhaiteraient se lancer ou s’améliorer dans la photographie de nature ?

Rémi : Au risque de me répéter je dirais : prenez le temps d’apprendre, de découvrir, de connaître vos sujets avant de vous lancer tête baissée dans la réalisation d’une image. D’une part pour votre plaisir et sans doute la qualité de l’image qui en sortira, mais aussi et surtout par respect et éviter de mettre en danger ce que vous photographiez, ce qui est d’autant plus vrai pour les espèces animales.

Ben : Il faut savoir prendre son temps, et se concentrer sur la thématique qui va en premier lieu nous faire vibrer. La photo de Nature coûte beaucoup d'argent, mais l'on peut commencer avec du matériel d'entrée de gamme avec des optiques plus évoluées. Transmettre l'émotion de l'instant et se faire plaisir en déclenchant ne doivent pas nous faire oublier combien notre patrimoine naturel est fragile et combien il est important d'avoir une éthique naturaliste pour préserver par exemple la pérennité d'un site de reproduction. S'initier à la photo de Nature, c'est préférer l'aube et quelques heures avant le crépuscule, afin de bénéficier de lumières plus douces et de la sortie des mammifères de nos régions. Il faut savoir anticiper et surtout...surtout être très patient...

Alexis : En photo Nature, comme dans toute autre forme de photo, l’essentiel est d’avoir un bon œil et une bonne connaissance. Je vais certainement écrire un lieu commun mais ce n’est pas le matériel qui fait la photo, mais bien le photographe, au delà de son seul œil. Alors, avant de vous lancer dans votre première sortie Nature, préparez-vous, apprenez à connaître les comportements des espèces, faites des repérages, tant sur le terrain qu’avec les outils en ligne tels que Google Earth, planifiez, anticipez et surtout prenez du plaisir, le tout dans le respect des espèces et des sites que vous fréquentez. Comme le disait Nietzsche “L’essence même de l’Art, de tout grand Art, est la gratitude”. Gratitude et humilité envers ce que la Nature nous offre, voilà bien deux notions que tout photographe Nature se doit d’intégrer dans sa démarche...

Manu : Le plaisir est la clé de tout. Trouver son style et faire ce que l’on aime est le plus important, car sans plaisir rien n’a de sens. Après l’œil, la persévérance et un peu de chance font le reste...

Philippe : Le premier conseil que je donnerai, c'est celui que j'ai reçu à mes tous débuts. Il s'agit essentiellement de définir sa démarche artistique et photographique. En partant du principe que l'on ne peut pas développer des compétences en tout et pour tout, il faut se spécialiser. Ensuite il faut travailler, lire, s'informer, essayer sans relâche pour atteindre le niveau que l'on souhaite dans la spécialité. C'est alors beaucoup plus motivant, on progresse plus vite.

Quels sont les projets photographiques de Horizons Naturels pour 2013 ?

Nous ne pouvons pas encore vous en parler sauf pour vous dire que nous ne pouvons pas en parler. Il ne vous reste plus, si cela n’est pas déjà fait, qu’à rejoindre la liste de ceux qui nous suivent via notre site et les réseaux sociaux, nous vous accueillerons à bras ouverts et vous serez informé des dernières informations en temps utile.

Un dernier petit mot ?

Un très grand “Merci” à toute l’équipe de Photovore, merci à ceux qui nous suivent, et à très bientôt sur www.horizons-naturels.com !

Exemples de clichés du collectif Horizons Naturels

Vous pouvez également retrouver le travail de Horizons Naturels sur leur page Facebook et sur leur page 500px.

Horizons Naturels, Alexis

Horizons Naturels, Benjamin

Horizons Naturels, Emmanuel

Horizons Naturels, Philippe

Horizons Naturels, Rémis

L'interview de la semaine dernière était consacrée à Laurent Baheux, photographe de la faune sauvage africaine. Pour découvrir son travail, cliquez ici.





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Photo de Ariane Journois

Article d'Ariane Journois

Publié le 14/05/2013

Les escaliers de la Butte sont durs aux miséreux, les ailes du Moulin protègent les amoureux.

All-I

Compression des images indépendamment les unes des autres pour faciliter le montage